Nav en triangle
Profitant de l'annulation surprise d'un cours à la fac, je passe un coup de fil à David et rendez-vous est pris dans 1h au club.
Voila bientôt 3 mois que je n'ai pas volé avec David.
Je le retrouve au club à 11h30, et aprés quelques salamaleks nous optons pour une nav en triangle que j'avais préparée pour Novembre, mais que je n'ai pas pu réaliser faute d'une météo convenable.
Aujourd'hui, nous irons nous ballader du côté de Meaux, puis Coulommiers, puis retour Chelles.
Je consulte la météo, les notams, j'imprime le tout et je me prépare à faire un briefing sur la nav avec David, concernant le temps de vol, le carburant, les fréquences radios, les intégrations, les altitudes etc.
Sauf que David a décidé de la jouer test pratique PPL.
Nous allons tout passer en revue. L'influence du vent, de la température, de la pression, sur le temps de vol et les performances. Puis le calcul de la dérive, puis ensuite le carburant.
Evidemment, je vous raccourcit l'affaire, mais pour vous donner une idée, nous allons passer 2h à la table de briefing à faire du calcul mental pour en arriver à des conclusions trés amusantes.
Imaginez qu'aprés tous ces calculs, je savais que ma vitesse propre serait 2kts supèrieure à ma vitesse indiquée !
J'ai su également que mon temps de vol entre Chelles et Meaux serait 1min supèrieur à celui que j'avais calculé initialement.
Bon, je rigole, ces calculs sont utiles en effet, mais pour des navs plus importantes. Là, ça faisait un peu dérisoire.
Mais c'est un bon entrainement, même si ça me prend un peu la tête, moi qui ne suis pas un habitué du calcul mental et qui préfère préparer le truc tranquillement chez moi.
Vers 13h30, nous nous dirigeons (enfin ?) vers l'avion.
Mise en route et message radio. Je commet une erreur car j'annonce un vol local. David me reprend et me dit qu'il fallait annoncer un vol vers Meaux.
Roulage, point d'arrêt.
Juste avant les essais moteurs, David me dit : "Ecoute ton moteur !"
En effet, je le trouvais étrange, ça se confirme, il toussote, il perd des tours, il est instable...
David va plus vite que moi et s'écrie : "Vite, ta réchauffe !"
Hop, réchauffe tirée...peu à peu, ça s'améliore, il reprend ses tours.
Réchauffe rentrée, tout va bien. On augmente un peu le régime pour le faire chauffer plus vite.
Je fais mon petit briefing à David. Il me demande : "La piste est un peu boueuse, quel va être l'effet sur nos performances ?"
Facile...ça va freiner, donc utilisation maximale de la piste et soulagement de la roulette de nez le plus tôt possible.
Rotation, montée initiale et David me questionne encore : "Bon, vas-y je t'écoute, ton 1er cap, ton altitude visée, ton TOP, ton estimée, tes moyens radios etc."
Je saisis ma carte, je dis tout haut ce que je pense, je prends mon top, je fais mon estimée, on est secteur transfos donc je quitte Chelles et me prépare à prendre l'Atis de Meaux.
Je prends l'ATIS, et pendant que j'écris et que j'écoute, j'entends David qui me parle et me demande de regarder aussi dehors, et de tenir mon avion. L'avion, je trouve que je le tenais pas mal, mais c'est vrai que regarder dehors quand on note l'ATIS sur son petit papier, c'est pas évident.
A améliorer donc !
Je contacte Meaux, il me demande de rappeller verticale, mais non satisfait, je demande une approche directe pour la 7R.
Accordé. Hop, je chope mon axe et bientôt mon plan.
On a pas mal de vent de face, je sors mes volets, j'adopte ma vitesse d'approche en finale.
J'ai l'étrange impression de conduire un 747 en approche sur San Fransisco. Je trouve au petit cessna une bonne inertie, le terrain de Meaux me parait immense, et le paysage défile tranquillement (à cause de ce fichu vent de face).
J'ai largement le temps de préparer mon arrondi, qui se passe merveilleusement bien.
Touch & go, rotation, et je demande un virage à droite immédiat à la tour qui me l'accorde.
J'évite le bled, et je prends mon cap prévu vers Coulommiers.
David me dit à nouveau : "Je t'écoute..."
Mon TOP, mon cap, mon estimée, mon carburant, mes fréquences radios etc etc.
Je quitte Meaux, et pré-régle Coulommiers.
La navigation se passe trés bien, et je vois déjà le terrain, grâce à cette fabuleuse visi.
Hop, je contacte Coulommiers, estimée 3min. Je suis tout seul dans le circuit.
La seule piste ouverte est la 09C, la préférentielle, en dur, étrange piste d'ailleurs, étrange terrain même.
Ce n'est pas la 1ere fois que j'y vais, mais je suis toujours étonné par l'architecture du bitume du terrain de CLM.
Je fais ma verticale, je manque de ne pas trouver cette foutue manche à air, heureusement, de justesse je la vois, et j'annonce que ça sera la 09C.
David de me demander : "Où on s'intègre réglementairement dans un terrain non-controlé ?"
Intégration en début de vent arrière bien sur...
Et lui de me demander encore : "Réglementairement, c'est quoi l'altitude minimale pour une verticale terrain ?"
Moi : "Heu, je crois que c'est 200ft au dessus du TDP non ?"
Lui : "Non...réglementairement, c'est 1ft au dessus. Mais en général, on prend 500ft quand on peut."
Le mini-test PPL terminé, il me laisse piloter et faire mes annonces radio.
Finale, c'est nikel, courte-finale, touch...et j'oublie en décabrant de mettre le manche dans le vent.
Grrr...
Touch & Go, et David de me proposer de faire une PTE ici.
Quoi ?! Une PTE ?! A Coulommiers ?! Mais...je connais pas !
Bon, bah d'accord...
Je monte, verticale avec les volets 10°, puis tout réduit, puis 65mph de finesse max, puis virage en vent arrière +30° (je me comprends), base.
Et là, je commet la terrible erreur de me baser sur le taxiway comme point de toucher, alors que la piste commence bien plus en avant du taxiway (étrange terrain vous dis-je...).
Je m'en rends compte, mais un peu tard.
David me demande si je sors mes volets au-dessus de 10° ?
Je lui dit : "Pour l'instant je le sens pas..."
Je suis en finale, je me sens bas, et en plus avec ce vent de travers qui vient corser le truc !!!
En courte-finale, je me rends compte que ça passera pas. Devant moi, s'imposent les grosses croix blanches du taxiway interdit avant le début de la piste.
J'annonce à David : "Je vais poser volets 10°..."
Puis : "Je remet un peu de gaz, ça passe pas là..."
En effet, je remet un peu de gaz, tout en tirant sur le manche (avec beaucoup de délicatesse car on est à 65mph volets 10°...faut pas déconner avec le facteur de charge maintenant).
Je pose sur les passages cloutés de la piste, de justesse aprés les croix blanches...
Waw, quelle PTE !
Mais à peine le temps de réfléchir qu'il faut déjà remettre les gaz, rentrer la réchauffe et laisser les volets à 10° (c'est là où il faut pas faire l'erreur de les rentrer à 0° par habitude d'atterrir volets 20° ou 30° en voulant rentrer un cran lol).
David me propose de repartir vers Chelles, ce que j'approuve car je commence à être mort de faim, il doit etre bientôt 14h30, et j'ai pas mangé depuis un petit dej pris tôt le matin et toutes ces histoires, ça creuse !
Retour sur Chelles, même topo, toujours les questions réglementaires dans les moments les plus critiques du vol (David est un bavard).
Ca fait travailler les méninges...même si parfois j'aimerais être plus tranquille pour m'occuper de mon vol.
Je préfère la présence silencieuse mais attentive d'un FI qui choisit le moment opportun pour poser LA question choc, ou reprendre l'erreur du siècle, un peu comme le fait Matthieu.
Nous nous intégrons à Chelles et David de me demander : "Bon, montre moi ou est ton début de vent arrière."
Je me rends compte que je l'ai toujours fait à vue, sachant où je dois virer, mais ne sachant pas vraiment ce qui matérialise ce passage.
David me montre un intermarché. Ok, c'est mon début de vent arrière. C'est ce que je faisais habituellement, mais je ne savais pas que le repère était intermarché.
Puis nouvelle question : "En vent arrière, tu passes ou ?"
Je regarde ma carte, et là, erreur bête, surement de fatigue, je lui dis, je passe à droite du fort de Chelles.
Lui : "Non."
Moi : "Si si regarde...c'est marqué." (je m'enfonce)
Lui : "Tu me montres le circuit pour la 22 là, on est en 11..."
Arf, en effet, donc, heu, on passes SUR le fort de Chelles.
Nouvelle question : "Ton début de base, il est où ?"
Moi : "Heu, je sais où je vire, mais je sais pas au-dessus de quoi..." (Comme d'hab).
Lui : "C'est Leroy Merlin."
Décidément, on va faire ses courses en tour de piste...
Le fait que je connaisse mon circuit visuellement, mais sans savoir exactement sur quels repères je dois virer, date de l'époque d'Eliane, où elle me disait "Vire maintenant", sans me montrer au-dessus de quoi.
J'avais donc pris l'habitude de repérer l'endroit où je virais en me fiant à des repères latéraux comme des pylones électriques, ou à des distances par rapport à des obstacles majeurs (cheminées de vaires).
C'est pas bien grave en soi-même, mais ça fait un peu dilletante lol !
Et pour terminer, l'atterrissage se passa bien, le roulage aussi et l'extinction des feux de même.
Il était 14h30, je pensais déjà au repas que j'allais dévorer, j'étais crevé par ce vol intense, mais David lui, pas fatigué, m'annonce : "Bon maintenant, il faut laver l'avion !"
Oui c'est vrai qu'il est pas trés propre...
30min de lavage d'avion...les papiers, le carnet de vol, et je suis enfin libre.
Mama mia ! Quel sacré vol...




























