Un Pilote VFR - Christophe

vendredi, janvier 05, 2007

Nav en triangle

Aujourd'hui, nous sommes le Jeudi 21 décembre (oui je sais, encore en retard).
Profitant de l'annulation surprise d'un cours à la fac, je passe un coup de fil à David et rendez-vous est pris dans 1h au club.

Voila bientôt 3 mois que je n'ai pas volé avec David.
Je le retrouve au club à 11h30, et aprés quelques salamaleks nous optons pour une nav en triangle que j'avais préparée pour Novembre, mais que je n'ai pas pu réaliser faute d'une météo convenable.
Aujourd'hui, nous irons nous ballader du côté de Meaux, puis Coulommiers, puis retour Chelles.

Je consulte la météo, les notams, j'imprime le tout et je me prépare à faire un briefing sur la nav avec David, concernant le temps de vol, le carburant, les fréquences radios, les intégrations, les altitudes etc.
Sauf que David a décidé de la jouer test pratique PPL.

Nous allons tout passer en revue. L'influence du vent, de la température, de la pression, sur le temps de vol et les performances. Puis le calcul de la dérive, puis ensuite le carburant.
Evidemment, je vous raccourcit l'affaire, mais pour vous donner une idée, nous allons passer 2h à la table de briefing à faire du calcul mental pour en arriver à des conclusions trés amusantes.
Imaginez qu'aprés tous ces calculs, je savais que ma vitesse propre serait 2kts supèrieure à ma vitesse indiquée !
J'ai su également que mon temps de vol entre Chelles et Meaux serait 1min supèrieur à celui que j'avais calculé initialement.

Bon, je rigole, ces calculs sont utiles en effet, mais pour des navs plus importantes. Là, ça faisait un peu dérisoire.
Mais c'est un bon entrainement, même si ça me prend un peu la tête, moi qui ne suis pas un habitué du calcul mental et qui préfère préparer le truc tranquillement chez moi.

Vers 13h30, nous nous dirigeons (enfin ?) vers l'avion.

Mise en route et message radio. Je commet une erreur car j'annonce un vol local. David me reprend et me dit qu'il fallait annoncer un vol vers Meaux.

Roulage, point d'arrêt.
Juste avant les essais moteurs, David me dit : "Ecoute ton moteur !"
En effet, je le trouvais étrange, ça se confirme, il toussote, il perd des tours, il est instable...
David va plus vite que moi et s'écrie : "Vite, ta réchauffe !"
Hop, réchauffe tirée...peu à peu, ça s'améliore, il reprend ses tours.
Réchauffe rentrée, tout va bien. On augmente un peu le régime pour le faire chauffer plus vite.

Je fais mon petit briefing à David. Il me demande : "La piste est un peu boueuse, quel va être l'effet sur nos performances ?"
Facile...ça va freiner, donc utilisation maximale de la piste et soulagement de la roulette de nez le plus tôt possible.

Rotation, montée initiale et David me questionne encore : "Bon, vas-y je t'écoute, ton 1er cap, ton altitude visée, ton TOP, ton estimée, tes moyens radios etc."
Je saisis ma carte, je dis tout haut ce que je pense, je prends mon top, je fais mon estimée, on est secteur transfos donc je quitte Chelles et me prépare à prendre l'Atis de Meaux.

Je prends l'ATIS, et pendant que j'écris et que j'écoute, j'entends David qui me parle et me demande de regarder aussi dehors, et de tenir mon avion. L'avion, je trouve que je le tenais pas mal, mais c'est vrai que regarder dehors quand on note l'ATIS sur son petit papier, c'est pas évident.
A améliorer donc !

Je contacte Meaux, il me demande de rappeller verticale, mais non satisfait, je demande une approche directe pour la 7R.
Accordé. Hop, je chope mon axe et bientôt mon plan.
On a pas mal de vent de face, je sors mes volets, j'adopte ma vitesse d'approche en finale.
J'ai l'étrange impression de conduire un 747 en approche sur San Fransisco. Je trouve au petit cessna une bonne inertie, le terrain de Meaux me parait immense, et le paysage défile tranquillement (à cause de ce fichu vent de face).
J'ai largement le temps de préparer mon arrondi, qui se passe merveilleusement bien.

Touch & go, rotation, et je demande un virage à droite immédiat à la tour qui me l'accorde.
J'évite le bled, et je prends mon cap prévu vers Coulommiers.

David me dit à nouveau : "Je t'écoute..."
Mon TOP, mon cap, mon estimée, mon carburant, mes fréquences radios etc etc.

Je quitte Meaux, et pré-régle Coulommiers.
La navigation se passe trés bien, et je vois déjà le terrain, grâce à cette fabuleuse visi.
Hop, je contacte Coulommiers, estimée 3min. Je suis tout seul dans le circuit.
La seule piste ouverte est la 09C, la préférentielle, en dur, étrange piste d'ailleurs, étrange terrain même.
Ce n'est pas la 1ere fois que j'y vais, mais je suis toujours étonné par l'architecture du bitume du terrain de CLM.

Je fais ma verticale, je manque de ne pas trouver cette foutue manche à air, heureusement, de justesse je la vois, et j'annonce que ça sera la 09C.
David de me demander : "Où on s'intègre réglementairement dans un terrain non-controlé ?"
Intégration en début de vent arrière bien sur...

Et lui de me demander encore : "Réglementairement, c'est quoi l'altitude minimale pour une verticale terrain ?"
Moi : "Heu, je crois que c'est 200ft au dessus du TDP non ?"
Lui : "Non...réglementairement, c'est 1ft au dessus. Mais en général, on prend 500ft quand on peut."

Le mini-test PPL terminé, il me laisse piloter et faire mes annonces radio.
Finale, c'est nikel, courte-finale, touch...et j'oublie en décabrant de mettre le manche dans le vent.
Grrr...

Touch & Go, et David de me proposer de faire une PTE ici.
Quoi ?! Une PTE ?! A Coulommiers ?! Mais...je connais pas !
Bon, bah d'accord...

Je monte, verticale avec les volets 10°, puis tout réduit, puis 65mph de finesse max, puis virage en vent arrière +30° (je me comprends), base.
Et là, je commet la terrible erreur de me baser sur le taxiway comme point de toucher, alors que la piste commence bien plus en avant du taxiway (étrange terrain vous dis-je...).
Je m'en rends compte, mais un peu tard.

David me demande si je sors mes volets au-dessus de 10° ?
Je lui dit : "Pour l'instant je le sens pas..."

Je suis en finale, je me sens bas, et en plus avec ce vent de travers qui vient corser le truc !!!
En courte-finale, je me rends compte que ça passera pas. Devant moi, s'imposent les grosses croix blanches du taxiway interdit avant le début de la piste.
J'annonce à David : "Je vais poser volets 10°..."
Puis : "Je remet un peu de gaz, ça passe pas là..."

En effet, je remet un peu de gaz, tout en tirant sur le manche (avec beaucoup de délicatesse car on est à 65mph volets 10°...faut pas déconner avec le facteur de charge maintenant).
Je pose sur les passages cloutés de la piste, de justesse aprés les croix blanches...
Waw, quelle PTE !

Mais à peine le temps de réfléchir qu'il faut déjà remettre les gaz, rentrer la réchauffe et laisser les volets à 10° (c'est là où il faut pas faire l'erreur de les rentrer à 0° par habitude d'atterrir volets 20° ou 30° en voulant rentrer un cran lol).

David me propose de repartir vers Chelles, ce que j'approuve car je commence à être mort de faim, il doit etre bientôt 14h30, et j'ai pas mangé depuis un petit dej pris tôt le matin et toutes ces histoires, ça creuse !

Retour sur Chelles, même topo, toujours les questions réglementaires dans les moments les plus critiques du vol (David est un bavard).
Ca fait travailler les méninges...même si parfois j'aimerais être plus tranquille pour m'occuper de mon vol.
Je préfère la présence silencieuse mais attentive d'un FI qui choisit le moment opportun pour poser LA question choc, ou reprendre l'erreur du siècle, un peu comme le fait Matthieu.

Nous nous intégrons à Chelles et David de me demander : "Bon, montre moi ou est ton début de vent arrière."
Je me rends compte que je l'ai toujours fait à vue, sachant où je dois virer, mais ne sachant pas vraiment ce qui matérialise ce passage.
David me montre un intermarché. Ok, c'est mon début de vent arrière. C'est ce que je faisais habituellement, mais je ne savais pas que le repère était intermarché.
Puis nouvelle question : "En vent arrière, tu passes ou ?"
Je regarde ma carte, et là, erreur bête, surement de fatigue, je lui dis, je passe à droite du fort de Chelles.
Lui : "Non."
Moi : "Si si regarde...c'est marqué." (je m'enfonce)
Lui : "Tu me montres le circuit pour la 22 là, on est en 11..."
Arf, en effet, donc, heu, on passes SUR le fort de Chelles.

Nouvelle question : "Ton début de base, il est où ?"
Moi : "Heu, je sais où je vire, mais je sais pas au-dessus de quoi..." (Comme d'hab).
Lui : "C'est Leroy Merlin."

Décidément, on va faire ses courses en tour de piste...

Le fait que je connaisse mon circuit visuellement, mais sans savoir exactement sur quels repères je dois virer, date de l'époque d'Eliane, où elle me disait "Vire maintenant", sans me montrer au-dessus de quoi.
J'avais donc pris l'habitude de repérer l'endroit où je virais en me fiant à des repères latéraux comme des pylones électriques, ou à des distances par rapport à des obstacles majeurs (cheminées de vaires).
C'est pas bien grave en soi-même, mais ça fait un peu dilletante lol !

Et pour terminer, l'atterrissage se passa bien, le roulage aussi et l'extinction des feux de même.
Il était 14h30, je pensais déjà au repas que j'allais dévorer, j'étais crevé par ce vol intense, mais David lui, pas fatigué, m'annonce : "Bon maintenant, il faut laver l'avion !"

Oui c'est vrai qu'il est pas trés propre...

30min de lavage d'avion...les papiers, le carnet de vol, et je suis enfin libre.


Mama mia ! Quel sacré vol...

samedi, novembre 04, 2006

Baptème de l'air pour un papa ravi !

Et un autre récit pour aujourd'hui, celui du Vendredi 27 Octobre (encore en retard je sais...) !

La veille, j'avais appris que mon père avait le vendredi de libre. Ni une ni deux, aprés consultation de météo france pour le Vendredi matin (beau soleil prévu sur la france), j'ai eu l'idée sympathique de faire une nav en C172 avec Matthieu, et avec mon père !
Aprés un petit coup de fil à Matthieu pour obtenir son accord, j'ai mis mon père dans l'ambiance, lui expliquant diverses trucs que l'on peut ressentir ou faire une fois en l'air.
Il n'a jamais pris un avion léger, ce sera son 1er baptème, en place arrière !

Nous avons convenu avec Matthieu de faire 2h de vol, une grosse nav à 110kts, jusqu'à Auxerre !
Un bon entrainement pour moi, qui commence les navigations, même si j'avoue être un peu impressionné par "l'énormité" de la nav (tout est relatif à mon niveau).

Je me rends sur l'Open Flyers du club pour réserver le C172 à 10h du matin. Et là, quelle ne fut pas ma surprise de voir l'avion occupé pendant 2h par Eliane, mon ancienne instructrice.
Décidément...voila que je tombe sur elle.

Je l'appelle, pour lui demander gentimment si elle ne veut pas déplacer son vol solo en début d'aprés-midi. Le truc étant que j'ai des cours à la fac en fin d'aprés-midi, et que j'aurais aimé pouvoir faire la nav tranquille le matin, bref, je ne vais pas vous raconter ma vie qui ne vous interesse pas.
Je tombe sur une Eliane pas sympa du tout dès le 1er abord, qui me répond séchement qu'elle ne peut pas déplacer son vol, et qu'elle n'a aucune justification à donner à cela.
Un peu surpris, ne la connaissant pas comme ça, je la rassure et lui dis qu'il n'y a pas de mal, que je volerai l'aprés-midi.
Elle me demande ce que c'est que cette histoire de navigation en C172 avec Matthieu. Je lui explique le pourquoi du comment, que je commence les nav, et que je veux faire découvrir l'aviation à mon père etc.
Suit un sermon auquel j'étais loin de m'attendre de sa part : comme quoi elle reste la responsable de ma formation jusqu'à nouvel ordre, qu'elle exige que je l'informe à chaque fois que je réserve l'avion car s'il m'arrive un pépin c'est son nom sur la DGAC...bref, je vais couper là l'affaire.
Puis, elle terminera par une mise en garde dans le fait de changer d'instructeur, que ça va me retomber dessus, et que Matthieu ne me connait même pas (elle ne s'imagine pas qu'on a déjà 7h de vol ensemble).

Une fois raccroché, je suis un peu retourné...

(Aprés avoir parlé de cela à Matthieu le lendemain, il sera assez étonné par le terme "Responsable de Formation", qu'il n'avait jamais entendu jusqu'à présent. Pour lui, un élève étant libre de changer d'instructeur, sans pour autant qu'en cas de pépin, le nom de l'ancien instructeur soit cité dans la DGAC... Parlant de cette affaire à un ami à lui présent au club au même moment, celui-ci fut fort étonné du terme employé par Eliane, ne voyant pas où était le problème dans ma conduite.)

Le lendemain matin au réveil j'ouvre les volets et je me trouve sous un plafond de BKN001, du FG et de la BR...

Je look les metar et taf, il est prévu une amélioration seulement à 13hZulu, soit 15h ! Notre nav est programmée à 14h...ca va tomber à l'eau je le sens.
A 13h Matthieu m'appelle et me dit que le Metar du bourget indique toujours BKN006 et visi à 3km, on annule la nav.

Mais voila qu'à 15h, comme les taf l'avaient indiqués le plafond se lève brusquement, laissant entrevoir des coins de ciel bleu par ci par là. Je rappelle Matthieu et je lui demande si on peut au moins faire un peu de mania sur Chelles avec le 172.
Il me dit : ok, rendez vous au club dans 30min, on profite de l'acalmie.

Je speed mon père qui n'en revient pas, persuadé que le vol était annulé.

Nous arrivons à Chelles. Je découvre le C172 pour la 1ere fois de ma vie de pilote. Il n'a évidemment pas volé ce matin avec Eliane.
Matthieu n'est toujours pas là, il m'appelle pour me dire qu'il est coincé dans les bouchons à CDG.

En l'attendant, je purge l'avion, je fais connaissance avec le cockpit, je fais la prévol en suivant à la lettre la check-list.
Les volets m'étonnent, en effet, ils sont manuels...c'est un frein à main (ça promet des séances de muscu en vol)

Matthieu arrive, j'en profite pour lui poser un tas de questions que j'avais stockées dans un coin de ma tête en découvrant l'avion.
C'est une belle machine que ce C172, je suis tout heureux de voir un indicateur de température carbu, un thermomètre de température extèrieure, et plein d'autres petites aides sympathiques...et surtout des petites pochettes pour ranger cartes et check, sans oublier un cerclage en metal qui tient le petit crayon à papier ! Super !

Une fois installé dans l'avion, j'ai l'impression d'être aux commandes d'une limousine, mon père est derrière, avec son casque mais il ne peut pas emettre (le casque a un petit problème ).
Je suis la Check à la lettre, découvrant en même temps l'alternateur qu'il faut activer une fois le moteur mis en route (sur mon C150 il est couplé au bouton de la Bat).
La manette des gaz est particulièrement sensible et précise...j'adore, je m'amuse comme un petit fou pour le roulage qui se passe comme une fleur.
On sent nettemment moins les aspérités du terrain sur cet avion que sur mon 150. Je vous dis, je suis dans une limousine

Nous avons prévu des TdP, peut être un encadrement, mais c'est pas sûr vu la météo...

Les essais moteurs effectués, on vérifie que le papa est bien attaché et paré, on s'aligne sur la 22.
J'annonce fièrement à Matthieu : "Bon, on fait un briefing décollage ?
-Heu...si tu veux..."
Je me lance dans un long et fastidieux briefing que Matthieu n'écoute que d'une oreille. Je fais un peu ça pour impressionner mon père, oui je sais, c'est trés gamin
Matthieu finit par me dire ce dont j'aurais du me rendre compte immédiatemment :
"Le briefing départ se fait au point d'arrêt, pas sur la piste."
Et il me décoche un sourire moqueur qui achève de casser mon bel effet de frime.

Sans hésiter, je pousse la manette des gaz à pleine puissance.
Ca pousse plus que mon petit C150.
Les 65mph de rotation sont vite atteints, à peine je tire sur le manche que l'avion se soulève, nous voila en l'air, je dois adopter un sacré vario pour tenir les 75mph de montée initiale.
500ft, je rentre le frein à main des volets
Du coup, je lâche l'attention sur mon vario et l'avion nous fait une belle abattée que Matthieu ne manque pas de me signaler (surtout pour mon père derrière, il faut le ménager, c'est son 1er baptème !).
90mph pour la montée, nous sommes rapidement à 900ft...

En palier, je réduis le régime à 2100trs (2400trs sur mon C150 !). Il a du punch ce C172...il a vite fait d'accélérer.
Le manche est incroyablement sensible, doux, c'est un plaisir de le piloter.

Le tour de piste se passe bien, le papa est checké et paré pour l'atterrissage (comme la cabine du 320 ? ).
En dernier virage, on voit quasiment pas la piste car il y a trouée de ciel bleu pile sur le terrain et les rayons du soleil qui s'y engouffrent font ressortir une espèce de brume lumineuse...bref pas top.
Mais je connais par coeur le truc, de plus on est tout seul dans le circuit.
Je me retrouve aligné comme sur un ILS malgré que je ne vois pas vraiment où est ma piste, et pourtant, lorsqu'elle apparait, je suis bien dessus...vive l'habitude.

Arrondi...arf les repères n'ont rien à voir, ça va foirer je sens...sachant que l'avion étant plus haut que mon C150, j'ai arrondi plus haut, trop haut.
Ca plane...ça plane pour nous
On avale 200m et on touche enfin la piste tandis que j'annonce : "Bon...ça sera un complet "

Promis la prochaine fois j'arrondis moins haut et j'arrive moins vite...

En finale à nouveau dans le doute concernant mon alignement (qui finalement s'avère bon) je me prépare à ne pas louper mon arrondi.
La piste arrive...je réduits tout un peu avant la marque blanche en début de piste...voila si je fais comme ça, mon arrondi devrait être bon...je le sens bien....

BOOOM

J'ai pas arrondi...cette fois c'était trop bas...
Les suspensions absorbent, on est toujours vivants, on rebondit...on plane...

BOOM

Nouveau rebond....

Boum

Ca y est on est cloué au sol...Matthieu me rentre les volets, je pousse la réchauffe et envoie pleins gaz...



Purée, quel atterrissage à la noix. Je regarde mon père, il est toujours aussi souriant, et ne se lasse pas de regarder le paysage. Apparemment ça lui plait, malgré mes conneries.
Matthieu me dit qu'on va faire une remise de gaz pour le prochain.

Nous revoila en finale...courte finale...400ft...300ft...250ft...je me dis que Matthieu a peut être oublié qu'on allait faire une remise de gaz et je me prépare à ne pas louper mon arrondi, quand soudain j'entends sa voix dans le casque : REMISE DE GAZ !
Vario, gaz...et là je me met bêtement à chercher ma réchauffe carbu dans la précipitation des actions. Pas l'habitude de cet avion !!!!
Finalement, je la retrouve, et je la rentre...et j'entends Matthieu qui me dit : "Un peu tard celle-là". J'ai envie de lui dire : "Oui mais l'avion, c'est pas le même !!" mais je m'abstiens, il le sait mieux que moi de toute façon.
Je rentre les volets progressivemment et on accélère vers la vitesse de montée.

Comme le temps se dégrade à nouveau, que mine de rien ça fait déjà 30min qu'on tourne en rond au dessus du terrain, on va en faire un dernier, un atterrissage court avec volets 40° !

En finale (voyant enfin la piste pour l'alignement) je sors les volets 30°...puis 40°...arf c'est dur !! Faut des bras...
Oui mais voila que le frein à main revient inéluctablement sur 30°. Il veut pas tenir les 40°... Matthieu voyant que je me bats avec les volets et que pendant ce temps l'avion ne chope pas son plan de descente prend les choses en main et tente de sortir les volets 40° par lui-même.
Mais pour lui aussi, ses efforts sont vains...la position 40° déconne.
Bon, tant pis...on fera quand même un touché court.
Il me dit qu'un atterrissage court n'est pas un atterrissage confortable, donc qu'on ne cherche pas l'arrondi à tout prix...mais surement pour éviter les BOOM répétitifs de tout à l'heure, il me précise qu'il faut tout de même arrondir un minimum.

Il me commande de tout réduire plus tôt que je ne le fais habituellement. On vient de passer la marque blanche...j'ai visé le grillage, je me trouve vachement bas, mais finalement ça passe. C'est le moment de l'arrondi, j'arrondi pas trop, juste ce qu'il faut...

PAAF

(C'est pas BOOM, c'est un peu moins fort )

Rebond...PAF...léger rebond...et on est au sol pour de bon.
On a atterrit court, y a pas à dire, mais c'est sur que c'était pas trés confortable.

Pauvre papa

On roule au parking, on coupe tout. Qu'en penses le papa ? Que c'était génial...
Finalement, ça lui a plût ! Alors, j'ai réussi mon pari, en voila un de plus qui est contaminé par le virus de l'aviation !

On remettra ça. Mais avant, il me tarde de retrouver mes petits repères sur mon petit C150, ma petite vitesse, mon petit vario, ma petite cabine, mes petits sièges, mes petits acariens dans la petite moquette, mes petits....petits.................

1ere Nav !

Aujourd'hui, nous sommes Mercredi 25 Octobre (oui je sais, pas tapper, je suis en retard pour le récit ), et je dois faire ma 1ere navigation avec Matthieu !
Il m'a proposé Fontenay Tresigny, j'ai évidemment accepté, et j'ai préparé selon ses instructions un Cap à partir d'un point, et une estimée.

Arrivé au club, je lui fais un rapide briefing, carte dépliée, le doigt soulignant matériellement ce que j'annonce.
"Donc, vu le vent, nous décollerons en 11, ça sera une montée vers 1400ft, sortie secteur cheminées. On quittera chelles, puis on basculera sur Lognes TWR, afin de s'annoncer pour un transit par l'Est.
Donc, on longe l'autoroute, puis à cette intersection, il y aura une nationale, avec un chateau à gauche. A partir de ce moment précis, je prendrais un Cm 135°, et je le tiendrai sur 12nm. J'estime la durée de cette branche à 8min compte du Fb de x.x
Comme repères, il y a cette route là, ce lac ici, puis la ville de bidule, enfin, on verra Fontenay, puis le terrain. Si le PAPI est en fonctionnement ça sera génial pour choper le terrain, sinon je me débrouillerai pour le trouver."

Nous discutons un moment de la nav, regardons la météo, l'imprimons, c'est du CAVOK, un léger vent du 120° pour 5kts, on peut pas réver mieux pour une 1ere nav.

Il est 17h30, nous montons dans l'avion. Un coup d'oeil à l'essence, il y a le plein, 5h d'autonomie, nikel pour une nav de 40min...
Une fois au point d'arrêt, je fais le briefing départ avec Matthieu :
"On décolle sur la piste 11, 600m de long, rotation à 65mph. En cas de panne mineure avant rotation, c'est pieds sur les freins et on reste au sol, en cas de panne mineure aprés rotation, TDP et Land Asap, en cas de panne majeure aprés décollage, je te donne les commandes à droite...
Donc, on monte vers 1400ft, sortie secteur cheminées, c'est tout droit."

Nous décollons, 500ft les volets, on stabilise à 1400ft, on arrive secteur cheminées, j'annonce une sorte de zone secteur cheminées pour une nav vers fontenay sur la fréquence de Chelles, puis je passe sur la fréquence de Lognes.
Pas facile d'en placer une...et pourtant c'est pas le week-end.
Notre transit est approuvé et on rappellera axes clear.

Je longe l'autoroute, jusqu'à présent je connais, c'est facile.
Fin de l'autoroute, je repère ma nationale...TOP, je prends un Cm 135°.
Je donne une estimée de 10min à Matthieu (étant donné que j'avais un peu sur-estimé ma vitesse pendant la préparation de ma nav au sol).

Matthieu me laisse faire, parfois je le regarde, espérant une réaction de sa part, une aide, ou une remontrance, mais non, il me laisse gérer ma navigation, comme si j'étais seul à bord. Du coup, je me sens profondément responsable de mes actes...

On quitte avec lognes, et je regarde dehors mes repères.
Je vois le petit lac...Tout va bien.
On va continuer comme ça pendant 5min, jusqu'à ce que je commence à m'embrouiller. Je persiste à regarder dehors, je commence à douter. Je cherche un repère indiqué sur ma carte, mais je ne le trouve pas au sol.
"Dis, tu crois que le repère c'est ce chateau d'eau là ?
-Non, je crois pas...c'est pas assez haut.
-Mais alors attends, y a un truc que je comprend pas...c'est quoi ce bled là ! Pourquoi, on arrive droit dessus, alors qu'on aurait du le tangenter ?"

Je suis un peu pommé, pas totalement, je retrouve certains repères, mais ils ne sont pas situés là où j'avais prévu qu'ils soient. Une route a un étrange cap...elle n'est pas la seule.
"Regarde ton Ccap, me dit enfin Matthieu".

Il était temps...je pousse un cri : 180°.

Je prends un cap 90° pour faire un rattrapage de cette grossière erreur. Et, je retrouve mes repères.
Je m'écrie : Je vois la ville de Fontenay !
"Oui, me répond Matthieu, là tu vois, c'est l'autoroute, la c'est la ville bidule, ton repère que tu cherchais, il est là...et je vois le terrain."
Ouh là, fort le FI.

Je cherche dans la campagne ce foutu terrain...et soudain je le trouve !
"Je l'ai trouvé ! Super !!!"

Bon, l'euphorie terminée je me concentre, je prends ma carte vac et j'annonce à Matthieu un briefing arrivée.

Je passe à droite de la manche à air, ça sera la 12, je m'intégre en début de vent arrière, faut faire gaffe de pas survoler les patelins interdits.
On se paie une longue finale en contournant fontenay, c'est marrant, à Chelles c'est short, ici on se croirait sur un ILS à CDG (chacun ses rêves lol)...
Arrondi...long...ouh là...c'est une piste en dur c'est vrai...l'effet de sol est maaaaarqué...ca plane...la piste ne fait que 700m...on s'énerve pas, sinon on fera un complet...ca y est il s'enfonce...BOUM...ouh là, j'avais arrondi trop haut. Matthieu me rentre les volets à 10° tandis que je pousse la réchauffe et met plein gaz simultanément.
On est en l'air.

Je ressors ma carte de la région parisienne, et je dis à Matthieu :
"Bon, alors pour le départ, on prend un Cap xxx"
Il m'interrompt :
"Concentre toi déjà sur ta montée initiale...on a le temps pour le départ, controle bien ta vitesse et ton vario. Toute façon, on va faire une verticale terrain à 1500ft, et on parlera du départ ensemble."

Il a pas tort...c'est normal c'est un FI

On parle donc du départ ensemble. Il est déjà 18h...le soleil tombe à l'Ouest, il est temps de rentrer, on ne passera pas par CLM, on se fera une directe sur Chelles.
Je lui dis : "Attends, faut que je calcule le cap pour une directe sur Chelles..."
Il me répond : "Pourquoi ? Tu prends l'inverse de 135°, ton cap aller, et t'auras ton cap retour !"
Voila l'expérience et le bon sens qui parlent...

La verticale effectuée à 1500ft, je prends donc le cap inverse de 135°. Nous admirons Paris dans le soleil couchant, nimbé d'une brume orangée, la tour effeil et la tour montparnasse surgissant de l'onde comme des vaisseaux à la dérive. C'est magnifique...je regrette de n'avoir pris l'appareil photo. Il n'est jamais là quand il faut celui-là.

Je vois Disney, je vois aussi mes cheminées, mais je vois Lognes...et aprés confirmation sur ma carte, je me rends compte que si je continue sur ce cap, nous allons en plein sur la zone orange.
Je dis à Matthieu :
"Je vais reprendre par l'autoroute de l'aller, pour rejoindre les cheminées. Il faut contacter Lognes..."
Il me répond :
"Non pas la peine regarde, si tu bifurques à droite, tu contourneras disney, et tu reviendras en longeant Jabelines...c'est plus court, moins galère pour la radio."
Encore le FI qui a le dessus

Je contourne Disney, je reviens par Jabelines, et là c'est la catastrophe. Nous sommes face au soleil. Je passes sur la fréquence de Chelles, priant pour qu'il n'y ait personne dans le circuit. Il n'y a personne. Nous sommes tout seul, heureusement car la visi est plus que médiocre.
Je suis obligé de regarder sur les cotés et vers le bas pour apercevoir mes repères. Heureusement que je connais la zone par coeur.

Je trouve mes transfos, je m'annonce à Chelles...maintenant il faut trouver le terrain. Matthieu a l'air calme, moi je suis stressé car je ne vois absolument rien, même pas la colinne du fort de Chelles.
Soudain je l'aperçois, en clignant des yeux dans ce soleil qui m'aveugle, et dont la lumière clignote dans le brassemment de l'hélice.
Je m'y dirige...enfin je vois les hangars des usines en bout de piste 22...mais quelque chose cloche !
Je suis mal placé...
Soudain, je vois le terrain entièrement, je le dépasse !!!

Matthieu rit de bon coeur, et je m'intègre pour la 11.

Atterrissage, retour au parking.

Un super vol pour une 1ere nav !

mardi, octobre 17, 2006

On continue les tours de piste tout seul...

Nous sommes Vendredi 13 Octobre, j'ai l'aprés-midi de libre...devinez à quoi je pense.
J'appelle Matthieu pour faire un vol, hélas le voila qui m'annonce qu'il est pris en instruction sur rallye juste dans le créneau qui m'interesse. Alors, je ne me démonte pas, et lui propose de faire du solo.
C'est autorisé, c'est dans la poche, je ferais du solo à 15h sur mon petit Quebec Fox !
A l'instant où j'appelle Matthieu, la météo est splendide, et aprés consultation des TAF du Bourget, de CDG, de Melun je vois qu'une dégradation est prévue à partir de 18h locales, ce qui me laisse le temps de faire surement un peu de local...pourquoi pas Coulommiers !

Je prépare consciencieusement ma petite nav, je me note les messages radios pour le transit par meaux (petit aide mémoire au cas où histoire de pas avoir l'air d'un débutant devant la TWR (comme mardi dernier où ma phraséo était pas au top pour mon 1er local à meaux...et pourtant avec le FI, c'est nikel, allez comprendre ).
Je mémorise mes points de repères, mes zones de confirmation où je pourrais être sûr d'être au bon endroit, mes temps de vol entre les différents "points".

Je suis paré, je pars en RER à Chelles, puis en bus à l'aéroclub. Mais quand j'arrive, je me rends vite compte que la météo s'est franchement dégradée, que la visi est tombée à 6/7km, et que y a un put*** de plafond de SCT à 1500ft qui squatte le ciel...
Ca se gâte pour ma nav. Quel dommage !

Je contacte Matthieu parti en vol à la radio, un peu tard je l'avoue.
En effet, persuadé que j'avais son autorisation pour faire du solo, j'avais déjà mis en route, m'apprettant à décoller, voir comment ça se présentait en l'air, et en cas en rester à des TDP si ça passait pas pour un local.
Mais, le mécano, me voyant démarrer tout seul, est allé quérir d'urgence le président, qui m'a fait signe de ne pas mettre les gaz. J'ai ouvert la vitre afin d'entendre ce qu'il avait à me dire.
Il m'a demandé si j'avais l'autorisation de mon FI pour faire du solo, je lui ai répondu qu'il me l'avait donné par téléphone.
Le président me demande de contacter Matthieu maintenant, pour en être sur.
"Matthieu de Christophe tu m'entends ?
-Salut Christophe, 5/5.
-Je peux faire du solo ?
-La météo est pas terrible...laisse tomber le solo."
Merde alors, je serais quand même pas venu pour rien
"Bah en fait, j'ai déjà mis en route...
-Bon, fais des tours de piste alors. Amuse-toi bien à toute.
-Merci ! A toute."

Je confirme au président que c'est bon j'ai l'autorisation, et il me libère. Je vais faire des tours de piste, encore et toujours, tout seul, par une météo médiocre.
Je ne suis pas déçu, je vais voler, je n'avais pas l'intention de faire du local pour me tuer de toute façon.

Et en effet, une fois en l'air, j'ai compris que pour le local, c'était grillé de toute façon. Je n'aurais jamais osé partir, car on ne voyait pas les transfos (pour les connaisseurs de Chelles).

Une fois en l'air, je comprends qu'aujourd'hui, ça va etre marrant. Il y a 5 avions dans le circuit, certains se dépèchent de rentrer de local, Matthieu met la pagaille dans tout ce beau monde en faisant des encadrements, bref, c'est l'affluence à Chelles !
C'est la 1ere fois que je vois autant de monde, et je vais vivre ça tout seul.
C'est génial.

J'enchaine les TDP pendant 56min.
Chaque TDP ayant son lot de petites surprises, d'adrénaline, ou d'entrainement.
Par exemple, je me suis retrouvé derrière un PA28 en vent arrière, puis en base. Il allait tellement lentement que j'ai du réduire et allonger ma branche pour ne pas me retrouver à faire du vol en formation avec lui !
A chaque fois, j'étais en finale derrière un autre avion. A chaque fois, je me préparais à une remise de gaz.
Mais les pilotes étaient efficaces et ils dégageaient quand j'étais en courte voire en trés courte. Alors, je m'annonçais pour un touch ou un complet, à 200ft du sol...
Du pur bonheur.

J'ai fais des remises de gaz pour excercice, des touch, un seul complet pour me détendre un peu, une simulation de panne moteur en montée initiale avec recherche de panne.
J'ai titillé l'arc jaune (120mph)...

Bref, 56min de TDP certes, mais 56min de joie et de mania avec pas mal de monde dans le circuit.
De quoi être à l'aise désormais les jours d'affluence !

Et figurez-vous que j'ai atteint les 20h !

dimanche, octobre 15, 2006

1ers encadrements et 1er local solo

Waw, ça c'est du titre raccoleur...et en plus, c'est pas du bluff !

Nous sommes Mardi 10 Octobre, le temps est au beau fixe, la visi mortelle, le vent quasiment nul (le pilote ? faut voir).
J'ai rendez vous avec Matthieu pour un vol à 17h30.
Au programme : des encadrements PTE et PTL !

Aprés un briefing dans la salle appropriée, nous mettons en route, décollons et commençons les hostilités.

1500ft QNH, verticale terrain, on a pré-réglé ses volets à 10°, tiré sa réchauffe, et on réduit tout.
65mph est notre vitesse de finesse max. On l'affiche et on la maintient en jouant sur l'assiette, tandis qu'on s'évertue à ne pas louper notre point d'aboutissement.
Le point d'aboutissement atteint dans l'angle de repère du Cessna, on fait un virage 30° afin d'adopter un CM convergeant de 30° par rapport à la piste, soit en pratique pour la 04 en service, un CM de 190°.
On continue à descendre en maintenant 65mph et les volets 10°, jusqu'à se retrouver à un angle de 45° par rapport au seuil 04.
La, on juge si on peut se faire la piste, sinon ne pas hésiter à remettre un peu de gaz, c'est un exercice, pas une vraie panne...
En l'occurrence, sur cette PTE, je peux me faire la piste, je suis même trop haut.
Je déroule 1 cran, puis un 2ième cran de volets.
Finalement, je sors 40° et je vire en finale.

Et là, maintenir 65mph avec volets 40° pour se faire la piste, c'est chaud au niveau du plan de descente...je ne peux m'empêcher de sortir un "Waw...ça c'est du plan", qui fait rire Matthieu.
On peut se faire un touch, on repart pour un nouvel encadrement.

On s'en fera 3, et ensuite une PTL, main droite, plus simple qu'une PTE je trouve.

Un touch, et une dernière PTE que je dois faire tout seul, sans l'aide de Matthieu.
Ca se passe plutôt pas mal du tout, et Matthieu me dit : "On se fait un complet et on retourne au parking, c'est trés bien".

Je regarde l'heure, voila seulement 30min que nous volons, et j'aimerais prolonger le plaisir d'être dans ce ciel pur et cette atmosphère plus que calme.
Je demande à Matthieu l'autorisation de faire un peu de solo.

Il accepte, je lui demande ce que je peux faire, il me répond : "Ce que tu veux, tant que tu fais pas des encadrements ou des trucs bizzards".
Je lui demande si je peux faire un peu de local, il dit "Ok, mais va pas trop loin, le soleil tombe et tu risques d'être aveuglé quand tu reviendras vers Chelles."

Je retourne à mon avion, fais le plein, prends le carnet de cartes VAC et commence à potasser mon local...car j'ai ma petite idée sur ce que je vais faire, et cette idée, c'est d'aller faire une verticale à Meaux !

Je prépare carte VAC et carte région parisienne, pré-règle la fréquence ATIS, affute mon crayon et place mon petit bout de papier pour noter l'ATIS à portée de main.
Je pars pour un local.

Au même moment, David est en instruction sur un rallye, et me souhaite un bon vol (sympa).

Je sors de la zone par les transfos à 1400ft QNH et je switch direct sur l'ATIS de Meaux, faut pas trainer c'est vite arrivé.
J'ai du mal à comprendre l'information en cours lors du speech français, finalement, je la confirmerai pendant la partie anglaise du message !
L'ATIS pris, je bascule sur la fréquence TWR de Meaux car je vois déjà le terrain.
Je suis au dessus des étangs de Jabelines, à 1400ft QNH, la visi est mortelle, je suis à 3min de Meaux, je prépare mentalement ma verticale.
Je fais mon message radio à Meaux, un peu hésitant, un peu perturbé, un peu stressé par le fait d'être tout seul, relativement loin de mon terrain, pour la 1ere fois.
Ma verticale est accordée.

J'arrive bientôt verticale Meaux, il y a personne dans le circuit, c'est tout bénef.
Un instant, grisé par le vertige de la navigation solo, je pense à aller faire le tour de la ville de Meaux.
Mais je regarde l'heure, 18h30, puis je regarde vers l'Ouest, vers Chelles, et là j'ai un instant de peur...je ne vois rien, l'horizon est tout entier couvert par la lueur du soleil couchant, je distingue vaguement les étangs de Jabelines qui brillent.
Immédiatement aprés la verticale, j'annonce un retour sur Chelles au controleur qui me demande de rappeller pour quitter.
Je lui dit que je souhaites quitter dès à présent (pourquoi j'ai fait ça ?, surement pour me débarasser de la radio et me concentrer sur mon retour, pour ne pas oublier aussi...avec l'expérience, j'agirai différemment la prochaine fois, c'est sûr.)
Je quitte donc Meaux, et nouvelle action étrange, je switch rapidement sur Chelles.
Pourquoi cela, alors qu'il vaut mieux écouter ce qui se passe sur la fréquence de l'aérodrome autour duquel on évolue ? Alors que j'avais le temps de switcher sur Chelles.
Je ne sais pas, surement le stress du retour, je voulais me débarasser des moyens radios, tout préparer pour ne me concentrer que sur ma navigation.

Me voila donc face à l'Ouest.
L'hélice qui tourne provoque des clignotements de lumière qui font mal aux yeux, je n'ai pas de lunettes de soleil, c'est pas évident.
Une espèce de brume tombe lentement sur l'horizon...

Bon, il ne s'agit pas de perdre son calme. Je regarde autour de moi, je compare avec ma carte.
Je vois Disney à gauche.
Ma grande crainte est de passer trop à droite de Jabelines, de mal jauger les étangs, de me méprendre sur ce que je vois, et d'entrer dans la TMA Paris interdite aux VFR.
Je ne cesse de comparer fébrilement ce que j'ai sous les yeux avec ma carte de la région parisienne.
Aprés avoir laissé disney en arrière, ma 1ere pensée est de trouver à tout prix les cheminées de Vaires...
Si je les localise, je suis "sauvé", je retrouverai Chelles facilement.

Cette brume ! Je ne vois toujours pas les cheminées, et la visi est vraiment gachée par le soleil.
Soudain, je crie presque de joie, enfin les cheminées ! Immédiatement je retrouve mes repères, mon cerveau imagine un terrain que mes yeux ont encore du mal à cerner.
Et ça marche, je retrouve les transfos, je m'annonce pour une intégration standard.
C'est toujours la 04, un élève de Matthieu fait des TDP sur rallye tout seul, tandis que l'élève de David a été laché sur le rallye et fais aussi des TDP.
Nous sommes trois dans le circuit désormais.

Alors que je me présente verticale, je vois l'élève de Matthieu qui vient à peine de décoller de la 04.
Sans m'inquièter pour autant de nos trajectoires, j'engage un virage à 45° et une descente vers 900ft QNH pour m'intégrer en début de vent arrière.
Je pousse un peu sur la manette de gaz pour me retrouver à une distance suffisante du Rallye, et afin de ne pas l'effrayer.
Tout va bien, je le grille et je suis désormais devant lui.

Mon TDP est effectué à 100kts...vitesse de fou pour moi qui habituellemment tourne dans les 80kts.

En finale, je décide, puisque c'est la journée des 1eres fois, de faire un touch...mon 1er touch solo !
Et ça se passe trés bien, et je repars pour un nouveau tour de piste rapide à 100kts, bouclé en 5min, et terminé d'un complet.

Je roule au parking, heureux, mais conscient des progrés qu'il me reste à faire, et cependant fier d'avoir franchi le pas du local solo.

Alors, c'est pas beau de voler ?

Tour de piste à Lognes, ça décoiffe !

Aujourd'hui, Lundi 9 Octobre, nous allons faire des tour de piste à Lognes avec Matthieu !
Je ne suis jamais allé sur ce terrain, et je suis rongé par l'impatience...

Matthieu me convie à prendre l'ATIS depuis le sol de Chelles, afin que je ne sois pas en précipitation une fois en l'air.
Sauf que je ne comprends strictement rien à la voix de l'ATIS de lognes !!
Matthieu branche son casque, et m'aide...lui aussi a du mal, et on a dû s'y reprendre à 2 fois pour tout noter.

Nous partons, sortie secteur cheminées, on survole l'autoroute, et voila déjà Lognes en vue !
Contact de la tour, elle nous propose quelque chose, je demande une semi-directe si possible. C'est accordé, Matthieu est content.
Bon, maintenant faut pas se prendre un autre avion...y a des infos traffic de partout, pour le moment, je les ai en visuel, pourvu que ça dure.
Faut choper son plan de descente...mais avec le PAPI c'est génial !
Virage et on est autorisé pour la dure !

5kts de vent de travers, ça se sent, c'est marrant, la piste fait 20m de large et 700m de long, encore plus court qu'à chelles...et on va faire un touch.

J'ai pas posé sur une dure depuis plus de 12h de vol, va falloir assurer.
Je suis impressionné par l'effet de sol, cependant, mon arrondi est tout de même pas assez marqué (la peur de la longueur de la piste ?).
Matthieu me rentre les volets à 10°, tandis que je pousse la réchauffe et que je remet plein gaz.
WAAAAAAAAHHHH, l'avion fait une embardée à gauche (foutus effets moteurs)...et sur une piste de 20m de large, tu te rends vite compte de ton erreur !!
Je sens mattieu qui corrige plus vite que moi, et on s'arrache du sol.
En montée initiale, j'en profite pour faire une recherche de zone dégagée en cas d'éventuelle panne moteur...c'est pas terrible.
C'est soit la forêt, soit les usines. Choix cornélien.
J'en fais part à Matthieu qui opine gravement du chef.

Bon, maintenant, faut bien se concentrer sur la trajectoire de son tour de piste, surtout en vent arrière, faut tangenter l'autoroute, c'est amusant.

On va enchainer 4 touch de la sorte, et rentrer à Chelles.

J'ai poussé un ouf de soulagement lorsque je suis repassé sur 123.92, la fréquence de Chelles A/A. C'est intense Lognes, y a du monde partout, mêmes de hélicos, et quand t'es derrière, tu flippes à cause des turbulences de sillage...

Ce qui suit est presque trop facile, verticale, intégration vent arrière pour la 04, complet et parking.

Encore un super vol, merci Matthieu !

Tour de piste de folie !

Nous sommes le 25 septembre, dans l'aprés-midi...un vent de 15kts en rafale à 30kts souffle sur Chelles, bien dans l'axe de la 22.
Quelques avions font des tours de piste, d'autres font des atterrissages de précision, bonne chance !

Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec Matthieu, un nouvel FI, de 25 ans, qualifs PP/IFR, expérience sur TBM700, en recherche d'emploi en compagnie.
Vu le vent, nous décidons de faire quelques tours de piste, mais autant vous dire que ça va être costaud.

Matthieu me laisse faire ma prévol, et me dit : "Tu mets en route, on se rejoint à l'essence."
Tout fier de pouvoir mettre en route seul pour la 1ere fois, je monte dans mon avion, check, et contacts magnétos start !

L'avion démarre pas....le moteur tourne, tourne...puis cale....

Bon, pas grave, on va la refaire.

Même topo.

Cette fois, un peu étonné et inquiet, je reprends point par point ma check, cherche ce qui pourrait ne pas aller, mais je ne trouve rien, tout semble parfait.
Matthieu revient vers moi, monte à côté, et me dit : "Il est surement noyé, t'as fait un démarrage moteur froid ?"
Je réponds : "Heu oui..."
Il me dit : "C'était pas la peine, j'ai volé y a 20min avec !"

***Erreur de débutant***

Du coup, je laisse Matthieu faire un démarrage sans mixture, jusqu'à ce que ça commence à toussoter, puis plein riche et il part.

On roule à l'essence, on fait le plein, et on roule au point d'arret 22.
Mise en puissance, et dès que les roues quittent le sol, je comprends ma douleur.

L'avion est ballotté en tous sens, les ailes s'enfoncent parfois à droite, parfois à gauche, en vent arrière, il y a tant de "trous d'airs" que ma main lutte à rester sur la manette de gaz et s'envole parfois jusqu'à l'ADF qui se situe 15cm plus haut.
C'est trés sport de tenir une finale correcte dans ces conditions.

On va faire 2 touch et 1 complet, soit 30min de TDP, jusqu'à ce que Matthieu me dise : "On rentre, qu'est-ce t'en penses ?"
J'aquiesce, l'estomac commence à en avoir assez !

Moralité de ce vol sympathique : Trop haut sur le plan en finale.
Je met ça sur le compte des conditions météo, c'est la 1ere fois que ça m'arrive.
Mais à surveiller pour la prochaine fois !

mercredi, septembre 27, 2006

Confirmation de mon laché !

Nous sommes Dimanche 24 Septembre.
Le temps est à nouveau mitigé, mais volable. Au matin, quelques FEW à 600ft se balladent (ils se dissiperont l'aprés-midi), mais les BKN eux sont trés loin à 8000ft.
Il est prévu cependant une baisse du plafond à partir de 18h.

Je dois voler à 13h30, ça tombe bien.

David n'étant pas disponible, Eliane oui, je vais donc voler avec Eliane.
J'ai une petite appréhension qu'elle contredise ce que m'a montré David.

Arrivé au club, je prends la météo. A l'habitude, elle me dit : "J'ai déjà pris la météo, c'est pas la peine que tu la regardes."
Sauf que là, même si elle me dit, j'ai tout de même décidé de jeter un oeil à la météo, pour être sûr par moi-même.
Je regarde également les NOTAMS.

J'ouvre le carnet de vol à la dernière page, et je regarde si les papiers y sont (un coup d'oeil rapide, je suis pas si con ).
Puis je look l'essence et je fais une estimée de la quantité restante dans les réservoirs que j'annonce à Eliane qui hoche la tête.
Je prévois un passage à la pompe, elle approuve.

Lorsque je lui dis que j'ai volé avec David, elle s'exclame : "Mais c'est trés bien de changer d'instructeur de temps en temps, on apprend des choses."
Je souris, heureux de sa réaction.

Ouverture des portes du hangar.
Purge, et prévol du Cessna.

Je fais la prévol en incluant les nouveaux éléments que m'a montré David, et en sachant mieux ce que je regarde.
Je vérifie la solidité des haubants, Eliane regarde, et me demande si j'ai bien fait ma purge.
Je hoche la tête en plaisantant.

La prévol terminée, on sort l'avion et on met en route.
On roule à la pompe.

Dans ma tête, je calcule rapidement combien on peut mettre de L en restant dans la masse.
Je propose 55L à Eliane qui approuve.
Prise de terre, carte, pompe, escabeau.
Je prends un soin méticuleux à bien refermer les bouchons.

Nous roulons vers le point d'arrêt 22, une piste que je n'ai jamais emprunté. Je potasse une dernière fois ma carte VAC et Eliane m'indique des points de repères utiles.

Enfin le décollage avec les annonces de puissance disponible etc, que je fais et qui étonnent Eliane car d'habitude c'est le grand silence entre nous pendant la mise en puissance.

Petit virage à droite pour enrouler la colinne culminant à 483ft, bien dans l'axe de la 22.
Tout se passe bien.
Vol horizontal, ça sert à rien de laisser l'avion accélérer comme un fou dans un tour de piste, donc je réduis rapidement vers 2450trs/min (non je suis pas si con ).

Points de repères, la station essence et on vire en base. Le plan est chopé, on déroule les volets en finale.
70mph, on est bon.
Courte finale...trés courte...plein réduit.
Eliane ne peut pas s'empêcher de me donner des petits conseils pour l'arrondi, et de tenir le manche de 2 doigts. C'est ce qui fait son charme on va dire !
Sauf que tous ses conseils n'y seront pour rien...l'atterrissage que je vais faire restera dans les annales.
J'entends Eliane dire au fur et à mesure que l'arrondi se précise :
"Doucement l'arrondi...doucement...pas trop.......Plus Plus !! AAAA !"

BAM.



Les suspensions absorbent le choc plutôt rude...
L'avion remonte un instant le monde flotte. Surpris, je ne pense meme pas à remettre un filet de gaz (là je suis trés con ).
Et à nouveau on retouche le sol.

Je dégage piteux, et je regarde Eliane qui me dit : "Bon, là c'était vraiment pas terrible...on va en refaire un mieux hein !".

On repart pour un tour.
Cette fois je m'applique pour l'arrondi et ça marche ! Je décoche un "Super" de l'instructrice à droite.

Mais à peine le temps de se congratuler qu'il faut déjà rentrer la réchauffe et mettre plein gaz, puis rentrer les volets vers 10°.
Le touch & go est effectué avec succès.

On se représente, je me concentre à nouveau pour l'arrondi quand soudain j'entends Eliane qui me crie dans mon casque : "REMISE DE GAZ !"
Ca faisait longtemps que je l'avais pas eu celle là !

Vario positif, réchauffe rentrée, plein gaz tout ça en même temps, tout en rentrant non pas le train mais les volets tranquillement vers 10°.

On se représente, je m'applique et c'est plutôt pas mal.
Au sol, Eliane me dit : "Allez, tu me déposes sur le taxiway, et tu vas m'en faire 3 tout seul".
Je vais donc confirmer mon laché !

J'ai une petite appréhension de revoler seul. Je suis resté sur une mauvaise expérience en juin pour mon laché.
Je respire un grand coup et je chantonne pendant le roulage.
Il y a un HR200 dans le circuit, mais j'ai du évoluer car la présence d'un autre traffic ne me bloque pas comme en Juin. Au contraire, je suis plutôt heureux de ne pas être tout seul à tourner comme un malheureux.

Enfin la mise en puissance. J'ai du crier mes annonces au décollage pour me donner du courage.
Petit virage à droite pour enrouler la colinne, puis à gauche en montée vers 900ft.
Vol horizontal, 2400trs/min, pas la peine de se presser, on est bien là-haut.
En effet, c'est la 1ere pensée que j'ai une fois en l'air. Je me dis : "On est quand même bien..."
Quel progrés depuis Juin où j'étais littérallement tétanisé et crispé sur mon manche.

Je me présente en finale, le HR200 est en vent arrière, tout va bien, je m'applique pour l'arrondi.
J'ai l'expérience de juin où j'avais plané un moment car réduit trop tard et cela avait engagé une remise de gaz.
Cette fois je ne me fais plus avoir.
Je touche le sol dans un kiss qui me donne de l'espoir.

Je dégage et je repars heureux pour un 2ième tour.
Le 2ième tour se passe bien, l'arrondi est joli, pas assez franc peut-être, il faut encore que je réduise plus tôt.

Je repars pour un 3ième tour qui se passe tout aussi bien. Un hélico est venu visiter le terrain, et il repart vers Meaux, surement de l'instruction.
Mais voila que pour une raison que j'ignore, je tire trop brusquement sur le manche lors de l'arrondi de mon 3ième tour. L'avion remonte suffisamment haut pour me passer l'envie de le laisser retomber.
Alors, sans hésiter, sans me crisper, sans me tétaniser, j'engage une remise de gaz, plutôt heureux de repartir pour un nouveau tour.

Je m'applique pour ma dernière approche et tout se passe bien.
Je roule vers Eliane qui m'attend et je gare l'avion.

Ces 35min tout seul sont passées comme dans un rêve...c'était magnifique.
Quelle superbe expérience ! Il me tarde de recommencer à voler seul.
Merci Eliane !

Au sortir du club, Eliane m'étonne car elle me dit :
"Bon, faut qu'on fasse des prises de terrain, et des pannes au décollage."
Surpris, je dis "Oui trés bien" en me disant que tout est pour le mieux finalement et qu'il n'y a pas de quoi se faire des noeuds au cerveau.

mardi, septembre 26, 2006

Prise de baffes avec David

Nous sommes Mardi 19 Septembre, et je débarque du 320 avec quelques 100 autres passagers. Le temps au dehors est poisseux. Un plafond à 200ft, un brouillard à couper au couteau et une visi de 800m.
Mais j'ai confiance en la météo. En effet, il est prévu une amélioration dans le cours de la journée, et je vole à 16h.

Aujourd'hui, c'est un jour que j'attends avec impatience car je vais voler avec David, un nouvel instructeur pour un jour, comme Eliane est indisponible.

Dans l'aprés-midi en effet, le temps se dégage et le ciel bleu apparait, parsemé de quelques cumulus à 3000ft, le pied...

J'arrive au club, et David m'attends au seuil du club, tout en grillant une clope.
Poignée de mains, et nous commençons les choses sérieuses.
Il a déjà sorti le carnet de vol, la check, les clefs, l'avion, fait les purges, sorti les volets.
Le vol est presque déjà fait !

Avant que je ne commence ma prévol, David m'interrompt, et commence alors une avalanche de baffes théoriques.
Ca fait du bien de temps en temps, et soudain je me rends compte qu'avec Eliane, on omet bien des choses importantes.

Ca commence par les papiers obligatoires dans l'avion. Je découvre donc pour la 1ere fois, aprés 14h au compteur, les papiers qu'il faut toujours avoir, et à jour, dans son avion. Il était temps.
Ensuite, il m'incite à aller consulter la météo, et les notams, ce que jamais nous ne faisons avec Eliane.

Score : Elève 0 - Instructeur 2 (salut Vincent )

Puis, la prévol. Il me regarde la faire, comme Eliane me l'a apprise.
Lorsque j'ai fini, je vois David s'avancer vers moi, et me dire : "Je vais te montrer des petites choses."
Et voila que nous refaisons la prévol...mais cette fois, beaucoup plus complète.
J'ai l'impression d'être avec un mécano tant sa connaissance de l'avion est grande.
Il me montre à quoi sert chaque vis, chaque petit tuyau, chaque petite ouverture...
Tout cela me parait soudain normal, et j'ai honte de ne m'en être jamais rendu compte. Ma prévol, jusqu'à présent, n'était que pacotille. Ca fait froid dans le dos.
Comme on dit, mieux vaut tard que jamais.

Puis nous grimpons dans l'avion. Mauvaise surprise, le casque élève du club ne veut pas émettre...c'est donc David qui s'occupera de la radio à mon signal cependant. Pour corser le tout, je devrai communiquer avec David par signes.

Nous décidons d'aller mettre un peu d'essence.
Une fois à la pompe, avant de mettre des Litres au hasard comme nous faisons avec Eliane, David me fait vérifier que nous ne dépassons pas la masse maximale. Je me rends compte à nouveau que je vole dangereusement et bêtement. J'ai honte de moi...qui croyait faire les choses avec conscience.

Score : Elève 0 - Instructeur 3

Puis nous roulons au point d'arrêt.

Mais mes claques ne sont pas terminées. Un avion nous parle à la radio et nous informe que de l'essence coule le long de nos ailes.
David me demande d'arrêter l'avion, et de mettre moteur ralenti le temps qu'il aille vérifier les bouchons.
Un mauvais pressentiment m'envahit.
J'aurais pas fait ça...j'aurais quand même pas oublié de reboucher les bouchons !!
David s'arrête sur l'aile gauche, et me fait signe de couper le moteur.
Je tire la mixture et j'ouvre la fenetre car David est en train de me parler.
Il me confirme que le bouchon de l'aile gauche n'était pas locké...

Score : Elève 0 - Instructeur 4

David remonte dans l'avion, et je me prends une nouvelle baffe.
J'ai arrété le moteur en laissant les contacts 1+2 et la batterrie sur On. Je suis horrifié par le fait que l'hélice aurait pu repartir d'un moment à l'autre avec David pas loin.

Score : Elève 0 - Instructeur 5

Je m'embrouille dans mes checks...je ne sais plus trop ce que je fais.
David me rassure et m'incite au calme. Il me dit : raccroche toi à ce que tu sais, tu as un élément pertubateur qui te trouble. Tu dois apprendre à le dépasser.

Nous décollons enfin et allons secteur Jabelines faire de la mania.

A 1400ft, je bascule en vol horizontal, et réduit aussitôt la puissance à 2400trs/min comme me l'a indiqué Eliane.
David me reprend et me dit de laisser l'avion accélérer au moins jusqu'à 90kts et d'afficher ensuite 2500trs/min, c'est à dire 75% de la puissance.

Score : Elève 0 - Instructeur 6

Nous commençons la mania. D'abord un virage 180° à 30° d'inclinaison.
Facile.
Ensuite, un 180° à 60° d'inclinaison.
La on rigole moins.

Je me laisse surprendre par l'incidence et je perds 200ft.
David me le fait remarquer et me commande un 360° à 60°.
Cette fois je contrôle bien, et ne perds que 50ft.

David est heureux et me propose tout de go si j'ai envie d'aller titiller Meaux.
Surpris, je dis Ok.
Il me met la carte sous le nez, et me demande de faire ce qu'il faut.

Je commence à régler l'ATIS. David m'arrête et me dit que là je suis en train de régler les fréquences radionav.
Quelle honte...

Score : Elève 0 - Instructeur 7

Je me reprends trés vite, et note les infos de l'ATIS que je transmet à David dans un rapide briefing.
Puis, j'affiche la fréquence de Meaux Tour. Je fais un 180° car nous sommes trop prés de Meaux.
David contacte pour des tours de piste et la tour nous autorise à nous intégrer direct en début de vent arrière 34L.

J'analyse rapidement la carte, je cherche les lignes électriques, je les trouve. David a l'air satisfait.

Nous sommes en début de vent arrière et je tangente le bled qu'il ne faut pas survoler.
Je vire en base et David m'annonce : "Bon, je te laisse intercepter ton plan de descente."
Je suis impressionné et en meme temps fier qu'il me laisse autant de liberté. Je n'y suis pas habitué avec Eliane.
Je fais de mon mieux, et je suis assez fier.

Je vire en 34L sans overshooter. On est bien sur le plan. David me demande de lacher le manche un moment pour vérifier si mon avion est bien trimé. Il est satisfait, on continue.

On est en courte, je jette un oeil à droite, David n'a meme pas les mains sur le manche. Il me laisse faire entièrement. Je m'applique.
Je fais l'arrondi comme je le sens, sans entendre de conseils venant de droite, comme j'en ai l'habitude avec Eliane.
Et ça se passe trés bien car les roues touchent l'herbe dans un schussshhhh discret.
Mise en puissance, et c'est reparti pour un tour.

Cette fois, la tour nous demande la 34R.

La je me plante car dans ma tête je suis encore à travailler avec la 34L. Du coup, j'overshoot l'axe.
Mais l'atterrissage se passe aussi bien que le 1er.

Puis, nous repartons vers Chelles. Nous nous intégrons et atterrissons sur la 29 pour un complet.

Score : Elève 1 - Instructeur 7 (enfin !)

Au parking, David me fait un rapide débriefing. Concernant le vol en lui-même, il n'y a rien à dire, je fais ce qu'il faut.
Il est un peu plus réservé sur la partie théorique au sol, préparation du vol etc.

Mais c'est décidé, je vais m'améliorer. J'apprends vite, et ce vol d'1h m'a fait progresser plus vite qu'en 14h.

Je n'ai qu'un seul mot : merci David...

mardi, juillet 25, 2006

Un voyage pas comme les autres 2/2

Comme promis la suite...

La 2ième partie de ce récit n'est pas plus glorieuse que la 1ere, n'allez pas vous imaginez que les galères se sont arrétées en si bon chemin [:D] !

Tous trois exténués, affalés sur un banc à la buvette, devant un verre de coca, nous n'en menions pas large. Mais comme vous pouvez le deviner, quand 3 pilotes se retrouvent, ils parlent d'aviation.
Et quand un passionné par le 320 a la chance de rencontrer un QT320, les questions fusent.



Puis, nous sommes montés au theatre, lieu du concert, nous sommes assis parmi un public principalement du 3ième âge hélas [:(].
La scène était préparée pour le concert, le claveciniste accordait déjà son instrument.


Le concert qui devait commencer à 21h30, fut reporté à 22h00 afin que la nuit soit totale pour le spectacle.
Pendant ce temps, nos estomacs donnaient de la voix [:D].

Des voix, il y en eut au concert, une bonne 15aine, avec un petit orchestre. Ce fut un trés agréable concert, qui a plût à mes 2 amis, malgré mes craintes que cette musique les endorme.

A 23h30, le concert se terminait, et nous fonçions sous la tente blanche afin de dévorer nos "Assiettes du Pays".
Aprés 15min de patience, nous pouvions enfin manger à notre faim, et je peux vous dire que les saucissons, les fromages (durs ? [:o)]), les tartes etc, étaient plus que bienvenues !

Au fur et à mesure de la soirée, l'ambiance montait dans la tente du repas, et les musiciens du concert donnaient de la voix. En effet, un des leurs fêtait son anniversaire...je peux vous assurer que son anniversaire n'est pas passé inaperçu [:D].
A 1h du matin, la fatigue était plus forte que nous, et nous avons décidé de quitter une fête qui ne faisait que commencer, de retrouver notre chauffeur de taxi afin qu'il nous ramène à notre chambre.

15min plus tard, une nouvelle galère se présentait à nos yeux.
Déposés devant le portail du gite par le chauffeur de taxi, nous sommes entrés dans la petite cour. J'ai sorti de ma banane les clefs des portes.
Nous sommes montés vers la porte principale par laquelle nous étions entrés à 20h en arrivant, j'ai tourné la clef dans la serrure...
Impossible d'ouvrir la porte.

La clef n'était pas la bonne, aucune des clefs fournies ne permettaient d'ouvrir cette satané porte.

Nous avons fait le tour de la maison, et avons essayé d'ouvrir la porte qui donnait accés à la cuisine, rien à faire, aucune clef n'allait.
Jusqu'au bout, tout se mettait en travers de notre chemin. Alors que nous étions à présent si prés d'un bon lit douillet dont nous révions, voila qu'on nous empêchait d'entrer !!
Barez, en désespoir de cause, a fait la courte-echelle à Arnaud vers une fenêtre qui était restée ouverte.
Cette fenêtre donnait directement sur la cuisine.

Le pauvre Arnaud ne savait pas sur quoi il allait tomber en passant de l'autre côté de la fenêtre : peut-être une marmite en train de mijoter pour le repas du lendemain...allez savoir.
Le malheureux s'est payé une crampe en passant par la fenêtre.

Une fois à l'intérieur, il s'est rendu compte que la porte permettant d'accéder au salon, puis au chambre, était vérouillée côté entrée. Il l'a dévérouillée, et a trouvé une porte-fenêtre, qu'il a réussi à ouvrir avec une des clefs.
Ainsi, nous nous sommes rendus compte qu'il aurait fallu passer par cette porte tout de suite, au lieu d'essayer d'ouvrir à tout prix la porte principale...

Bref !

Une fois dans la chambre, ce fut la détente.


A 2H du matin, nous éteignions la lumière, et alors que le silence s'était établi dans la chambre, Arnaud dit : "J'espère que le moteur du Cirrus va démarrer demain...".
Barez lui répondit : "Dors, demain est un autre jour."
Et ce furent nos derniers mots dans cette trépidante journée.


Le lendemain, mon réveil sonnait à 6h15 si fort que cela ne pouvait que nous réveiller. Puis à 6h20, celui d'Arnaud sonnait dans la salle de bain, si loin que nous étions obligé de nous lever pour l'éteindre.
Aprés 3 douches, une constatation du temps qui n'était pas terrible malgré les prévisions de météo france plutôt optimistes, nous sommes descendus prendre le petit déjeuner.
Le petit déjeuner pris, en attendant le chauffeur de taxi, j'ai pu faire quelques notes sur le piano du gite.

Notre ami chauffeur nous a emmené à l'aéroport de Chalon, jusqu'à présent tout semblait aller comme sur des roulettes.
Le taxi payé, nous nous sommes dirigés vers la porte d'entrée des taxiway.

Mais le problème, c'est qu'à 8h du matin, tout est fermé à Chalon...
Les portes d'accés sont vérouillées, l'aéroclub est également fermé, la salle d'embarquement de l'aéroport est close.
Bref, nous étions coincés dehors sans pouvoir accéder à notre Cirrus.

Heureusement, le hangar des paras était ouvert lui, et les paras étaient sur le pied de guerre, musique tournant sur des enceintes en plein air, camion installé en guise de buvette, parachutes se balladant dans le grand hangar où une 50aine de paras déambulaient.

A la recherche d'une météo pour notre trajet, et en l'absence de l'AFIS, nous avons demandé aux paras. Un monsieur dans un bureau nous a montré rapidement les tendances de la journée sur météo france, tandis qu'un autre monsieur a surgi avec une tempsi et des metar.
Nous avons à peine eu le temps d'en prendre connaissance, qu'il nous demandait à les reprendre car il en avait besoin.
Le monsieur du bureau nous a annoncé que le temps était orageux, que notre nav vers Paris était pas gagnée.

Comme nous préférions ne pas partir sans météo à bord, nous avons décidé d'attendre la venue de l'AFIS, à 9h, afin de récupérer toutes les informations nécessaires à notre dossier de vol.
Nous nous sommes dirigés vers le Cirrus en attendant pour déposer les baggages. Nous avons croisé la route d'une fille dans le hangar des paras, qui nous a abordé en nous demandant ce qu'il nous arrivait. Lorsque nous lui avons confié que nous allions à Paris, elle nous a répondu qu'elle n'en prendrait pas le risque vu la météo.
Ce à quoi Arnaud a répondu que si c'était pas possible en VFR, on partirait en IFR, ce qui a mis fin prématurément à la conversation [:D].




Oui mais voila, nous avons vite compris que nous serions bientôt pris en sandwich entre 2 orages. 1 orage passait pas loin à l'Est de Chalon, tandis qu'un autre arrivait du Sud-Ouest et se dirigeait vers le Nord.

Un ciel de fin du monde s'abattit sur nous.


Avec inquiétude, nous scrutions l'évolution de la masse nuageuse.


Enfin, des cordes ont été lachées sur Chalon, et j'ai à peine eu le temps de m'abriter dans la salle d'embarquement de Chalon tandis que Barez tripotait le tableau de bord du Cirrus ([|)]), et qu'Arnaud s'était endormi en place gauche.


Rapidement, le sommeil gagna aussi Barez alors que le ciel menaçant continuait son ballet au-dessus de nous.


Notre seul espoir était qu'au Nord, le ciel se dégageait, et qu'il y avait une trouée de plus en plus importante.
A 9h, l'AFIS est arrivé dans la tour, et je suis allé à sa rencontre.
J'ai gravi l'escalier en colimaçon, et j'ai pénétré pour la 1ere fois dans une tour de contrôle.
Hélas, un AFIS ne remplit pas les fonctions d'une TWR, ni d'une APP etc, c'est donc une tour résumée à ses plus simples fonctions, sans écran de guidage, que j'ai vu.
Notre AFIS était trés gentil, et il nous a imprimé la météo ainsi que l'IAC de pontoise avec plaisir !
Arnaud et Barez sont arrivés quelques minutes aprés dans la tour.

La météo prise, les feuilles en main, nous avons payé la taxe d'atterrissage (pas donnée), et nous avons embarqué dans l'avion et avons décidé un départ rapide car l'orage venant de l'Est était en train de tomber sur Chalon.


Le roulage obtenu, nous avons remonté la 17, et nous sommes alignés...


Rotation, montée initiale, virage vers le Nord en vent arrière 17.


Cette fois-ci, on était parti, on rentrait chez nous, pour de bon.
Un traffic s'est annoncé à l'AFIS de Chalon en provenance de Persan, un collègue !
Nous lui avons demandé la météo sur le trajet, ce à quoi il a répondu que c'était nikel.

Nous avons donc galopé vers Paris, à la vitesse de 150kts.
Le collègue avait vu juste, le temps fut parfait jusqu'à Paris, mettant fin aux interrogations qu'avaient soulevés en nous les paras à Chalon.


En descente, nous avons atteint la GS mythique de 180kts, comme vous pouvez l'apercevoir sur cette photo.
Du bonheur à l'état pur.


Mais, alors que nous avions à peine passé CLM à 2500ft, et que nous cherchions du regard le terrain du Plessis, Arnaud s'est soudain aperçu que nous rentrons dans la zone limitée à 1500ft.
Immédiatement, il a engagé un virage à droite à 50° d'inclinaison, tout en prenant un vario de descente à 2000ft/min.
Pas prévenu, j'ai à peine eu le temps de m'accrocher à une poignée et de me tenir les oreilles [:D] !
Par cette action, nous n'avons pas pénétré dans la zone 1500ft.
Quelques secondes plus tard, et nous étions dedans, merci Arnaud.
Cela nous a fait réfléchir sur la notion de travail en équipe et du partage des tâches pendant le pilotage.

Puis, nous avons passé la ville de Meaux, et sommes rentrés au terrain.


Barez a pris les commandes pour l'atterrissage. Cependant, un autre avion était en courte finale, alors que nous étions en finale.
L'avion sur la piste, nous en courte...évidemment, une remise de gaz a eu lieu, Barez a adoré et je me suis accroché [:p].
Il a refait un tour, guidé par Arnaud toujours trés pro et calme.
Evidemment, un tour de piste à 100kts, c'est pas facile quand on est habitué à une vitesse de croisière égale en Hr-200, n'est-ce pas Barez ?!

En finale, personne dans le circuit, un peu à droite mais trés vite corrigé, Barez nous a fait un trés joli toucher, doux mais un peu long, mais doux quand même [:D].
Bravo à lui pour son 1er atterrissage en Cirrus !

Nous avons roulé à la pompe, avons mis quelques litres dans les réservoirs, puis Arnaud a ramené l'avion prés du hangar.

Ainsi, notre sacrée nav s'est terminée.
Elle restera longtemps dans nos mémoires je pense, car elle ne fut pas ennuyeuse.
De justesse nous sommes parvenus à faire tout ce que nous avions prévu en bourgogne, mais toujours dans le calme et la bonne humeur.
Nous savions pertinnement tous les trois, que s'énerver et se précipiter ne servait à rien, si ce n'est à aggraver encore plus les choses, et aller vers l'accident.
Ce fut également une manière de nouer un contact réel entre nous, contact qui fut trés sympatique.

Moralité de Christophe : A refaire trés vite avec un 4ième pilote passionné si possible !
Moralité d'Arnaud : A refaire, mais avec un avion pur et dur, une vraie nav à la carte, au cap et à la montre.
Moralité de Barez : A refaire, mais en Baron 58...[:o)]

En espérant que vous avez aimé ce récit.
A bientôt !

Un voyage pas comme les autres 1/2

Aprés de nombreux jours d'organisation, ma 1ere nav avec 2 amis pilotes était enfin prête.
Il y avait Barez, pilote en formation PPL à Chelles comme moi et Arnaud, formé à l'EPAG et tout juste sorti d'un VHL sur 320 une fois sa QT terminée.

Ainsi, j'avais tout bien préparé avant de partir à l'aventure, j'avais soigneusement écrit heure aprés heure notre planning, afin que rien ne soit oublié.

Pour ce qui est des fournitures, j'avais tout.
Carte VFR Paris, carte IGN, les VAC, le chrono, un crayon, un calpin, une calculette, des formules de calcul mental pour la navigation...et j'en passe.

C'est donc trés impatient, et le coeur léger que je suis parti de Nice, vers Paris.
Tout a commencé par un vol en poste :


Le temps était fabuleux sur le parcours, j'ai aperçu le terrain de Chalon depuis le cockpit du 320. Cependant, une grosse ligne d'orage se formait à l'Ouest pour venir traverser la France vers l'Est.
Mais comme notre départ était prévu à 14h, je me suis dit qu'on serait arrivé à Chalon avant que ça se gâte.

Nous nous étions donné rendez-vous à la station de métro Gabriel Peri, terminus de la ligne 13, à 13h évidemment.
Je suis arrivé à 12h50, réglo, couvert de ma casquette à l'étiquette FFA collée afin que l'on me reconnaisse [:o)].
Babar (alias Barez) est arrivé par le même métro que moi, et nous nous sommes retrouvés dehors.
Nous étions à l'heure, parés, prêts à partir.

Cependant, à partir de ce moment, nous ne le savions pas encore, mais nous avions sombré dans le cercle inextricable des galères.

A 13h40, Degseth (alias Arnaud), n'était toujours pas arrivé.
Je tentais désespérément de l'appeller sur son portable, sans succés : numéro non attribué.
Un instant, j'ai pensé à un coup monté, une blague de sa part, ou à un réveil oublié, c'est incroyable tout ce qu'on peut s'imaginer dans des moments pareils...
En me dirigeant vers les arrêts de bus afin de voir si le pauvre arnaud ne nous attendait pas ailleurs par hasard, j'ai aperçu une citroen ZX bleu nuit, semblable à la description de la voiture d'arnaud, garée à 20m.
Alors que je m'en approchais, j'ai entendu une voix de derrière mon dos, qui m'appellait par mon prénom.
C'était Arnaud !

Immédiatement, il m'a mis au courant de ses aventures qui ont causé son retard.

Figurez-vous, chers amis, que des malotrus ont cassé le carreau de la voiture d'Arnaud la nuit du 20/21 juillet, et qu'ils ont dérobé toutes ses licences de pilote...
Ainsi, sans licences, le voyage était annulé.

Heureusement, Arnaud était passé (toute la matinée du 21) à la DGAC afin qu'on lui fournisse des duplicata. D'où son retard.
Le malheureux n'avait pas dormi de la nuit, et il était déjà fatigué.

A la bourre, nous sommes passés chez lui, puis au McDo pour qu'il se remplisse l'estomac.

Enfin, à 15h, nous étions à persan, devant le cirrus.


Le temps de faire un petit briefing sur le voyage, nous avons sorti l'avion hors du hangar.

J'étais copilote sur ce vol, Barez passager. Au retour, nous avions convenu d'échanger les places afin que chacun puisse profiter du pilotage du Cirrus.
J'ai donc embarqué aux côtés d'Arnaud pour rouler à la pompe, tandis que Barez restait à l'extérieur.
Il avait bien raison d'ailleurs, car dans la cabine, ça frisait les 40°. Nous transpirions abondamment [B)].

Sauf que...au moment de tourner la clef des magnéto sur Start, aprés avoir effectué les actions normales avant démarrage moteur, il s'est passé quelque chose qui allait déterminer la suite de notre voyage.
Le moteur s'est élancé, a tourné, tourné, tourné, mais n'a pas démarré, comme si l'essence n'arrivait pas.
Arnaud, pas encore découragé, a rééssayé, en vain...

L'hélice tournait, tournait, mais ne voulait pas partir.
Arnaud a tout essayé, et enfin, aprés 5 ou 6 essais, le moteur a commencé à toussoter, à tourner de plus en plus vite. Aprés un arrêt, et un nouveau magneto Start, il est parti de toute sa force.

Nous avons roulé à la pompe, et avons fait un plein pour à peu prés 5H00 d'autonomie.

Enfin, nous sommes tous montés dans l'avion, nous sommes tous attachés, avons fermé les portes.
Il était 16h. Nous avions déjà 2h de retard sur l'horaire prévu, nous aurions dû arriver à Chalon à 15h15, et partir de Persan à 14h.
Mais pour le moment, on était dans les clous pour louer la voiture, prendre les billets du concert, poser les valises à la chambre d'hote etc.

Sauf qu'au moment des magneto start, à nouveau le moteur est devenu capricieux, il s'est mit à bouder.
Impossible de le relancer, alors que voila 5min, il était parti.

Aprés plusieurs essais, la batterrie a commencé faiblir, bientôt le moteur a tourné de plus en plus lentement. Nous faisions tout ce que nous pouvions pour ménager la BAT, nous laissions des temps d'attente de 5min pour que le moteur se dénoie, enlevions la mixture, mettions des coups de Boost ou de Primer...rien à faire.
Alors qu'à la dernière tentative de démarrage, ce foutu moteur ne tournait presque plus, arnaud est allé appeller une personne du club à l'aide.

Le monsieur est arrivé, a tenté un démarrage et s'est exclamé : "C'est mort, c'est la Batterie qui flanche là !"
C'est ce que nous avions compris avec Barez, mais nous n'avions pas entendu la suite.
Arnaud sort du cockpit, et nous annonce qu'il faut aller chercher un GPU.

Nous avons marché vers le hangar mécanique, et avons pris le groupe de park.
Le bestiau est lourd, Barez peut en témoigner, moi de même lorsque je l'ai ramené.


Le GPU branché, le monsieur du club a tenté un démarrage, rien à faire, l'hélice ne tournait qu'à peine.
On a cru un instant qu'on avait grillé le GPU...
Finalement, un petit bouton switch n'était pas dans la bonne position.
Cela fait, le moteur a commencé à toussoter, mais a calé.
Aprés un 2ième essai, enfin il est parti, dans un grondement salvateur qui m'a tiré des applaudissements.
Pendant ce temps, l'heure avait tournée, et il était déjà 17h...



Nous avons embarqué dans l'avion, avons fait les actions normales, et avons roulé pour la piste 10 en dur de persan.
A 17h30, nous décollions enfin, alors que les gros CB commençaient à envahir Paris.

Le décollage était fort smooth, les 200cv du Cirrus se sont à peine fait sentir.
La montée initiale, à 90kts, avec 10° d'assiette et secousses sympas dans la cabine.


J'ai pris les commandes aux alentours de Meaux, puis, en passant CLM, j'ai engagé le PA sur NAV et ALT.
Le cockpit du Cirrus est splendide, avec ces 2 écrans bourrés d'informations, l'EFIS représentant la carte virtuelle avec la route à la manière d'un 320 est formidable.
Cependant, j'émettrais une réserve sur la prise en main, vraiment pas évidente. Le mini manche à gauche ou à droite n'est pas du tout facile car il sollicite, de par sa situation, beaucoup les poignets (il est courant d'avoir mal aprés une séance de pilotage à la main sur cet avion).
Heureusement, le chapeau chinois des trims de profondeur et d'ailerons situé sur le mini-manche sont d'un grand secours pour maintenir cet avion stable, car il est aisé de piloter par accoups dans cette position étrange.

Le PA est donc bienvenue dans une NAV.

La croisière s'est bien passée, tandis que nous laissions les orages derrière nous, pous trouver le beau temps.
Nous avons un peu poussé l'avion, et avons réduit notre temps de vol prévu par l'EFIS de 1h35 car vent de face de 10kts, à 1h20.
Nous avons notamment gagné du temps en descente, avec une pointe à 170kts.

Voici quelques photos de Barez (pas trop malade derrière ?), d'Arnaud (toujours trés pro et concentré en vol) et de la colonne truffée d'instruments dont les 2 GPS, le transpondeur avec chrono intégré et j'en passe, le PA, les COM et les volets.






A cause d'un largage de paras sur le terrain de Chalon, nous n'avons pu effectuer de verticale et l'AFIS était absent aprés 18h.
Nous avons préféré réduire, car débouler à 170kts sur un terrain avec des paras qui tombent, c'est pas trés prudent.
La bourgogne valonnée s'étalait sous nos pieds et nos yeux. Ses vignes, ses champs, ses petits villages disséminés ça et là, ses petites routes...
Quel endroit magnifique dans la lumière de fin de journée.

Nous avons atterri sur la 17, aprés une approche rondement menée par Arnaud, une belle stabilisation en courte finale, et un joli toucher accompagné d'un petit décabrage cause vent de travers.
A 19h, nous étions à Chalon, soit 3h45 plus tard que l'horaire prévu.

Aprés un roulage relativement court, nous avons coupé le moteur aprés avoir soignement garé le Cirrus.
Devant nous, un jet Cessna citation, devant le jet, ses 2 pilotes, à côté du Jet, la voiture avec les PAX du jet pour embarquer.


Un monsieur est venu nous dire qu'il ne fallait pas laisser l'avion à cette place, car on était censé gêner les manoeuvres pour se rendre à la pompe...ce qui entre nous, était trés relatif, puisqu'un 320 pouvait passer entre le cirrus et la pompe.


Mais comme ne nous cherchions pas les embrouilles (nous en avions déjà suffisamment), nous avons voulu déplacer le cirrus sur le carré d'herbe à côté.
Arnaud a tenté un démarrage du moteur...rien à faire, la même qu'à Persan.
Les 2 pilotes de jet nous regardaient accoudés sur leur aile.
Afin de ne pas nous ridiculiser devant tout le monde avec ce satané moteur, et pour ne pas griller la batterrie inutilement, nous avons décidé de pousser l'avion à la main jusqu'à l'herbe, aprés que le citation ait décollé.

L'avion à présent garé, il fallait s'inquiéter de la suite.
Un taxi nous avait attendu à 16h à Chalon, le problème c'est qu'à 16h, on était en train d'essayer de démarrer le moteur à Persan.
Le taxi était reparti depuis fort longtemps, et nouveau problème : le loueur de voiture Hertz avait fermé boutique à 18h30.
Il ne nous était désormais plus possible de nous déplacer par nous mêmes.
Le truc étant que le village de la chambre d'hote était à 30km, et le village du concert était à 5km de la chambre d'hote.

En dernier recours, j'ai appellé la tenante du gite un peu désespéré car nous devions arriver chez elle à 17h30, qui s'est montrée fort gentille avec nous, et nous a appellé un taxi.
Le chauffeur est arrivé à l'aéroport, nous a annoncé qu'il était partenaire du concert que nous allions justement voir, et qu'il nous ferait un prix.
En effet, il allait devoir travailler pour nous : nous emmener à la chambre d'hote, nous attendre le temps de déposer les valises, nous emmener au village du concert, nous ramener du concert à la chambre d'hote, nous chercher le lendemain matin à 7h15 à la chambre d'hote pour nous emmener à l'aéroport.

Quelle affaire, et heureusement qu'il était là ce taxi !! Sans lui, on aurait été bien embêté.
Et même si nous avions loué la voiture, on aurait été en galère car Arnaud avait oublié son GPS à la maison et nous n'avions aucune carte routière sur nous...
Et comme le village, si petit, n'était indiqué nulle part, on n'y serait jamais arrivé [:D] !

Bref !

Nous avons déposé les valises à la chambre d'hote, et le chauffeur nous a donc emmené au concert.
A 20h30, nous prenions les billets. Par chance, il en restait encore quelques uns...à quelques minutes prés, et nous ne pouvions pas assister au concert.
Nous avons emprunté une navette pour monter jusqu'au theatre de pierre monté pierres aprés pierres par mon professeur de composition.




Alors que nous pensions manger avant le concert, voila qu'on nous annonce qu'il faut attendre le second service aprés le concert, c'est à dire vers 23h30 !!!
Notre ventre n'a pas vraiment aimé... et désespéré nous avons bu un coca à la buvette pour nous couper la faim.

Et c'est la fin de la 1ere partie du récit...la suite demain !