Un Pilote VFR - Christophe

mardi, juillet 25, 2006

Un voyage pas comme les autres 1/2

Aprés de nombreux jours d'organisation, ma 1ere nav avec 2 amis pilotes était enfin prête.
Il y avait Barez, pilote en formation PPL à Chelles comme moi et Arnaud, formé à l'EPAG et tout juste sorti d'un VHL sur 320 une fois sa QT terminée.

Ainsi, j'avais tout bien préparé avant de partir à l'aventure, j'avais soigneusement écrit heure aprés heure notre planning, afin que rien ne soit oublié.

Pour ce qui est des fournitures, j'avais tout.
Carte VFR Paris, carte IGN, les VAC, le chrono, un crayon, un calpin, une calculette, des formules de calcul mental pour la navigation...et j'en passe.

C'est donc trés impatient, et le coeur léger que je suis parti de Nice, vers Paris.
Tout a commencé par un vol en poste :


Le temps était fabuleux sur le parcours, j'ai aperçu le terrain de Chalon depuis le cockpit du 320. Cependant, une grosse ligne d'orage se formait à l'Ouest pour venir traverser la France vers l'Est.
Mais comme notre départ était prévu à 14h, je me suis dit qu'on serait arrivé à Chalon avant que ça se gâte.

Nous nous étions donné rendez-vous à la station de métro Gabriel Peri, terminus de la ligne 13, à 13h évidemment.
Je suis arrivé à 12h50, réglo, couvert de ma casquette à l'étiquette FFA collée afin que l'on me reconnaisse [:o)].
Babar (alias Barez) est arrivé par le même métro que moi, et nous nous sommes retrouvés dehors.
Nous étions à l'heure, parés, prêts à partir.

Cependant, à partir de ce moment, nous ne le savions pas encore, mais nous avions sombré dans le cercle inextricable des galères.

A 13h40, Degseth (alias Arnaud), n'était toujours pas arrivé.
Je tentais désespérément de l'appeller sur son portable, sans succés : numéro non attribué.
Un instant, j'ai pensé à un coup monté, une blague de sa part, ou à un réveil oublié, c'est incroyable tout ce qu'on peut s'imaginer dans des moments pareils...
En me dirigeant vers les arrêts de bus afin de voir si le pauvre arnaud ne nous attendait pas ailleurs par hasard, j'ai aperçu une citroen ZX bleu nuit, semblable à la description de la voiture d'arnaud, garée à 20m.
Alors que je m'en approchais, j'ai entendu une voix de derrière mon dos, qui m'appellait par mon prénom.
C'était Arnaud !

Immédiatement, il m'a mis au courant de ses aventures qui ont causé son retard.

Figurez-vous, chers amis, que des malotrus ont cassé le carreau de la voiture d'Arnaud la nuit du 20/21 juillet, et qu'ils ont dérobé toutes ses licences de pilote...
Ainsi, sans licences, le voyage était annulé.

Heureusement, Arnaud était passé (toute la matinée du 21) à la DGAC afin qu'on lui fournisse des duplicata. D'où son retard.
Le malheureux n'avait pas dormi de la nuit, et il était déjà fatigué.

A la bourre, nous sommes passés chez lui, puis au McDo pour qu'il se remplisse l'estomac.

Enfin, à 15h, nous étions à persan, devant le cirrus.


Le temps de faire un petit briefing sur le voyage, nous avons sorti l'avion hors du hangar.

J'étais copilote sur ce vol, Barez passager. Au retour, nous avions convenu d'échanger les places afin que chacun puisse profiter du pilotage du Cirrus.
J'ai donc embarqué aux côtés d'Arnaud pour rouler à la pompe, tandis que Barez restait à l'extérieur.
Il avait bien raison d'ailleurs, car dans la cabine, ça frisait les 40°. Nous transpirions abondamment [B)].

Sauf que...au moment de tourner la clef des magnéto sur Start, aprés avoir effectué les actions normales avant démarrage moteur, il s'est passé quelque chose qui allait déterminer la suite de notre voyage.
Le moteur s'est élancé, a tourné, tourné, tourné, mais n'a pas démarré, comme si l'essence n'arrivait pas.
Arnaud, pas encore découragé, a rééssayé, en vain...

L'hélice tournait, tournait, mais ne voulait pas partir.
Arnaud a tout essayé, et enfin, aprés 5 ou 6 essais, le moteur a commencé à toussoter, à tourner de plus en plus vite. Aprés un arrêt, et un nouveau magneto Start, il est parti de toute sa force.

Nous avons roulé à la pompe, et avons fait un plein pour à peu prés 5H00 d'autonomie.

Enfin, nous sommes tous montés dans l'avion, nous sommes tous attachés, avons fermé les portes.
Il était 16h. Nous avions déjà 2h de retard sur l'horaire prévu, nous aurions dû arriver à Chalon à 15h15, et partir de Persan à 14h.
Mais pour le moment, on était dans les clous pour louer la voiture, prendre les billets du concert, poser les valises à la chambre d'hote etc.

Sauf qu'au moment des magneto start, à nouveau le moteur est devenu capricieux, il s'est mit à bouder.
Impossible de le relancer, alors que voila 5min, il était parti.

Aprés plusieurs essais, la batterrie a commencé faiblir, bientôt le moteur a tourné de plus en plus lentement. Nous faisions tout ce que nous pouvions pour ménager la BAT, nous laissions des temps d'attente de 5min pour que le moteur se dénoie, enlevions la mixture, mettions des coups de Boost ou de Primer...rien à faire.
Alors qu'à la dernière tentative de démarrage, ce foutu moteur ne tournait presque plus, arnaud est allé appeller une personne du club à l'aide.

Le monsieur est arrivé, a tenté un démarrage et s'est exclamé : "C'est mort, c'est la Batterie qui flanche là !"
C'est ce que nous avions compris avec Barez, mais nous n'avions pas entendu la suite.
Arnaud sort du cockpit, et nous annonce qu'il faut aller chercher un GPU.

Nous avons marché vers le hangar mécanique, et avons pris le groupe de park.
Le bestiau est lourd, Barez peut en témoigner, moi de même lorsque je l'ai ramené.


Le GPU branché, le monsieur du club a tenté un démarrage, rien à faire, l'hélice ne tournait qu'à peine.
On a cru un instant qu'on avait grillé le GPU...
Finalement, un petit bouton switch n'était pas dans la bonne position.
Cela fait, le moteur a commencé à toussoter, mais a calé.
Aprés un 2ième essai, enfin il est parti, dans un grondement salvateur qui m'a tiré des applaudissements.
Pendant ce temps, l'heure avait tournée, et il était déjà 17h...



Nous avons embarqué dans l'avion, avons fait les actions normales, et avons roulé pour la piste 10 en dur de persan.
A 17h30, nous décollions enfin, alors que les gros CB commençaient à envahir Paris.

Le décollage était fort smooth, les 200cv du Cirrus se sont à peine fait sentir.
La montée initiale, à 90kts, avec 10° d'assiette et secousses sympas dans la cabine.


J'ai pris les commandes aux alentours de Meaux, puis, en passant CLM, j'ai engagé le PA sur NAV et ALT.
Le cockpit du Cirrus est splendide, avec ces 2 écrans bourrés d'informations, l'EFIS représentant la carte virtuelle avec la route à la manière d'un 320 est formidable.
Cependant, j'émettrais une réserve sur la prise en main, vraiment pas évidente. Le mini manche à gauche ou à droite n'est pas du tout facile car il sollicite, de par sa situation, beaucoup les poignets (il est courant d'avoir mal aprés une séance de pilotage à la main sur cet avion).
Heureusement, le chapeau chinois des trims de profondeur et d'ailerons situé sur le mini-manche sont d'un grand secours pour maintenir cet avion stable, car il est aisé de piloter par accoups dans cette position étrange.

Le PA est donc bienvenue dans une NAV.

La croisière s'est bien passée, tandis que nous laissions les orages derrière nous, pous trouver le beau temps.
Nous avons un peu poussé l'avion, et avons réduit notre temps de vol prévu par l'EFIS de 1h35 car vent de face de 10kts, à 1h20.
Nous avons notamment gagné du temps en descente, avec une pointe à 170kts.

Voici quelques photos de Barez (pas trop malade derrière ?), d'Arnaud (toujours trés pro et concentré en vol) et de la colonne truffée d'instruments dont les 2 GPS, le transpondeur avec chrono intégré et j'en passe, le PA, les COM et les volets.






A cause d'un largage de paras sur le terrain de Chalon, nous n'avons pu effectuer de verticale et l'AFIS était absent aprés 18h.
Nous avons préféré réduire, car débouler à 170kts sur un terrain avec des paras qui tombent, c'est pas trés prudent.
La bourgogne valonnée s'étalait sous nos pieds et nos yeux. Ses vignes, ses champs, ses petits villages disséminés ça et là, ses petites routes...
Quel endroit magnifique dans la lumière de fin de journée.

Nous avons atterri sur la 17, aprés une approche rondement menée par Arnaud, une belle stabilisation en courte finale, et un joli toucher accompagné d'un petit décabrage cause vent de travers.
A 19h, nous étions à Chalon, soit 3h45 plus tard que l'horaire prévu.

Aprés un roulage relativement court, nous avons coupé le moteur aprés avoir soignement garé le Cirrus.
Devant nous, un jet Cessna citation, devant le jet, ses 2 pilotes, à côté du Jet, la voiture avec les PAX du jet pour embarquer.


Un monsieur est venu nous dire qu'il ne fallait pas laisser l'avion à cette place, car on était censé gêner les manoeuvres pour se rendre à la pompe...ce qui entre nous, était trés relatif, puisqu'un 320 pouvait passer entre le cirrus et la pompe.


Mais comme ne nous cherchions pas les embrouilles (nous en avions déjà suffisamment), nous avons voulu déplacer le cirrus sur le carré d'herbe à côté.
Arnaud a tenté un démarrage du moteur...rien à faire, la même qu'à Persan.
Les 2 pilotes de jet nous regardaient accoudés sur leur aile.
Afin de ne pas nous ridiculiser devant tout le monde avec ce satané moteur, et pour ne pas griller la batterrie inutilement, nous avons décidé de pousser l'avion à la main jusqu'à l'herbe, aprés que le citation ait décollé.

L'avion à présent garé, il fallait s'inquiéter de la suite.
Un taxi nous avait attendu à 16h à Chalon, le problème c'est qu'à 16h, on était en train d'essayer de démarrer le moteur à Persan.
Le taxi était reparti depuis fort longtemps, et nouveau problème : le loueur de voiture Hertz avait fermé boutique à 18h30.
Il ne nous était désormais plus possible de nous déplacer par nous mêmes.
Le truc étant que le village de la chambre d'hote était à 30km, et le village du concert était à 5km de la chambre d'hote.

En dernier recours, j'ai appellé la tenante du gite un peu désespéré car nous devions arriver chez elle à 17h30, qui s'est montrée fort gentille avec nous, et nous a appellé un taxi.
Le chauffeur est arrivé à l'aéroport, nous a annoncé qu'il était partenaire du concert que nous allions justement voir, et qu'il nous ferait un prix.
En effet, il allait devoir travailler pour nous : nous emmener à la chambre d'hote, nous attendre le temps de déposer les valises, nous emmener au village du concert, nous ramener du concert à la chambre d'hote, nous chercher le lendemain matin à 7h15 à la chambre d'hote pour nous emmener à l'aéroport.

Quelle affaire, et heureusement qu'il était là ce taxi !! Sans lui, on aurait été bien embêté.
Et même si nous avions loué la voiture, on aurait été en galère car Arnaud avait oublié son GPS à la maison et nous n'avions aucune carte routière sur nous...
Et comme le village, si petit, n'était indiqué nulle part, on n'y serait jamais arrivé [:D] !

Bref !

Nous avons déposé les valises à la chambre d'hote, et le chauffeur nous a donc emmené au concert.
A 20h30, nous prenions les billets. Par chance, il en restait encore quelques uns...à quelques minutes prés, et nous ne pouvions pas assister au concert.
Nous avons emprunté une navette pour monter jusqu'au theatre de pierre monté pierres aprés pierres par mon professeur de composition.




Alors que nous pensions manger avant le concert, voila qu'on nous annonce qu'il faut attendre le second service aprés le concert, c'est à dire vers 23h30 !!!
Notre ventre n'a pas vraiment aimé... et désespéré nous avons bu un coca à la buvette pour nous couper la faim.

Et c'est la fin de la 1ere partie du récit...la suite demain !