Un Pilote VFR - Christophe

mardi, juillet 25, 2006

Un voyage pas comme les autres 2/2

Comme promis la suite...

La 2ième partie de ce récit n'est pas plus glorieuse que la 1ere, n'allez pas vous imaginez que les galères se sont arrétées en si bon chemin [:D] !

Tous trois exténués, affalés sur un banc à la buvette, devant un verre de coca, nous n'en menions pas large. Mais comme vous pouvez le deviner, quand 3 pilotes se retrouvent, ils parlent d'aviation.
Et quand un passionné par le 320 a la chance de rencontrer un QT320, les questions fusent.



Puis, nous sommes montés au theatre, lieu du concert, nous sommes assis parmi un public principalement du 3ième âge hélas [:(].
La scène était préparée pour le concert, le claveciniste accordait déjà son instrument.


Le concert qui devait commencer à 21h30, fut reporté à 22h00 afin que la nuit soit totale pour le spectacle.
Pendant ce temps, nos estomacs donnaient de la voix [:D].

Des voix, il y en eut au concert, une bonne 15aine, avec un petit orchestre. Ce fut un trés agréable concert, qui a plût à mes 2 amis, malgré mes craintes que cette musique les endorme.

A 23h30, le concert se terminait, et nous fonçions sous la tente blanche afin de dévorer nos "Assiettes du Pays".
Aprés 15min de patience, nous pouvions enfin manger à notre faim, et je peux vous dire que les saucissons, les fromages (durs ? [:o)]), les tartes etc, étaient plus que bienvenues !

Au fur et à mesure de la soirée, l'ambiance montait dans la tente du repas, et les musiciens du concert donnaient de la voix. En effet, un des leurs fêtait son anniversaire...je peux vous assurer que son anniversaire n'est pas passé inaperçu [:D].
A 1h du matin, la fatigue était plus forte que nous, et nous avons décidé de quitter une fête qui ne faisait que commencer, de retrouver notre chauffeur de taxi afin qu'il nous ramène à notre chambre.

15min plus tard, une nouvelle galère se présentait à nos yeux.
Déposés devant le portail du gite par le chauffeur de taxi, nous sommes entrés dans la petite cour. J'ai sorti de ma banane les clefs des portes.
Nous sommes montés vers la porte principale par laquelle nous étions entrés à 20h en arrivant, j'ai tourné la clef dans la serrure...
Impossible d'ouvrir la porte.

La clef n'était pas la bonne, aucune des clefs fournies ne permettaient d'ouvrir cette satané porte.

Nous avons fait le tour de la maison, et avons essayé d'ouvrir la porte qui donnait accés à la cuisine, rien à faire, aucune clef n'allait.
Jusqu'au bout, tout se mettait en travers de notre chemin. Alors que nous étions à présent si prés d'un bon lit douillet dont nous révions, voila qu'on nous empêchait d'entrer !!
Barez, en désespoir de cause, a fait la courte-echelle à Arnaud vers une fenêtre qui était restée ouverte.
Cette fenêtre donnait directement sur la cuisine.

Le pauvre Arnaud ne savait pas sur quoi il allait tomber en passant de l'autre côté de la fenêtre : peut-être une marmite en train de mijoter pour le repas du lendemain...allez savoir.
Le malheureux s'est payé une crampe en passant par la fenêtre.

Une fois à l'intérieur, il s'est rendu compte que la porte permettant d'accéder au salon, puis au chambre, était vérouillée côté entrée. Il l'a dévérouillée, et a trouvé une porte-fenêtre, qu'il a réussi à ouvrir avec une des clefs.
Ainsi, nous nous sommes rendus compte qu'il aurait fallu passer par cette porte tout de suite, au lieu d'essayer d'ouvrir à tout prix la porte principale...

Bref !

Une fois dans la chambre, ce fut la détente.


A 2H du matin, nous éteignions la lumière, et alors que le silence s'était établi dans la chambre, Arnaud dit : "J'espère que le moteur du Cirrus va démarrer demain...".
Barez lui répondit : "Dors, demain est un autre jour."
Et ce furent nos derniers mots dans cette trépidante journée.


Le lendemain, mon réveil sonnait à 6h15 si fort que cela ne pouvait que nous réveiller. Puis à 6h20, celui d'Arnaud sonnait dans la salle de bain, si loin que nous étions obligé de nous lever pour l'éteindre.
Aprés 3 douches, une constatation du temps qui n'était pas terrible malgré les prévisions de météo france plutôt optimistes, nous sommes descendus prendre le petit déjeuner.
Le petit déjeuner pris, en attendant le chauffeur de taxi, j'ai pu faire quelques notes sur le piano du gite.

Notre ami chauffeur nous a emmené à l'aéroport de Chalon, jusqu'à présent tout semblait aller comme sur des roulettes.
Le taxi payé, nous nous sommes dirigés vers la porte d'entrée des taxiway.

Mais le problème, c'est qu'à 8h du matin, tout est fermé à Chalon...
Les portes d'accés sont vérouillées, l'aéroclub est également fermé, la salle d'embarquement de l'aéroport est close.
Bref, nous étions coincés dehors sans pouvoir accéder à notre Cirrus.

Heureusement, le hangar des paras était ouvert lui, et les paras étaient sur le pied de guerre, musique tournant sur des enceintes en plein air, camion installé en guise de buvette, parachutes se balladant dans le grand hangar où une 50aine de paras déambulaient.

A la recherche d'une météo pour notre trajet, et en l'absence de l'AFIS, nous avons demandé aux paras. Un monsieur dans un bureau nous a montré rapidement les tendances de la journée sur météo france, tandis qu'un autre monsieur a surgi avec une tempsi et des metar.
Nous avons à peine eu le temps d'en prendre connaissance, qu'il nous demandait à les reprendre car il en avait besoin.
Le monsieur du bureau nous a annoncé que le temps était orageux, que notre nav vers Paris était pas gagnée.

Comme nous préférions ne pas partir sans météo à bord, nous avons décidé d'attendre la venue de l'AFIS, à 9h, afin de récupérer toutes les informations nécessaires à notre dossier de vol.
Nous nous sommes dirigés vers le Cirrus en attendant pour déposer les baggages. Nous avons croisé la route d'une fille dans le hangar des paras, qui nous a abordé en nous demandant ce qu'il nous arrivait. Lorsque nous lui avons confié que nous allions à Paris, elle nous a répondu qu'elle n'en prendrait pas le risque vu la météo.
Ce à quoi Arnaud a répondu que si c'était pas possible en VFR, on partirait en IFR, ce qui a mis fin prématurément à la conversation [:D].




Oui mais voila, nous avons vite compris que nous serions bientôt pris en sandwich entre 2 orages. 1 orage passait pas loin à l'Est de Chalon, tandis qu'un autre arrivait du Sud-Ouest et se dirigeait vers le Nord.

Un ciel de fin du monde s'abattit sur nous.


Avec inquiétude, nous scrutions l'évolution de la masse nuageuse.


Enfin, des cordes ont été lachées sur Chalon, et j'ai à peine eu le temps de m'abriter dans la salle d'embarquement de Chalon tandis que Barez tripotait le tableau de bord du Cirrus ([|)]), et qu'Arnaud s'était endormi en place gauche.


Rapidement, le sommeil gagna aussi Barez alors que le ciel menaçant continuait son ballet au-dessus de nous.


Notre seul espoir était qu'au Nord, le ciel se dégageait, et qu'il y avait une trouée de plus en plus importante.
A 9h, l'AFIS est arrivé dans la tour, et je suis allé à sa rencontre.
J'ai gravi l'escalier en colimaçon, et j'ai pénétré pour la 1ere fois dans une tour de contrôle.
Hélas, un AFIS ne remplit pas les fonctions d'une TWR, ni d'une APP etc, c'est donc une tour résumée à ses plus simples fonctions, sans écran de guidage, que j'ai vu.
Notre AFIS était trés gentil, et il nous a imprimé la météo ainsi que l'IAC de pontoise avec plaisir !
Arnaud et Barez sont arrivés quelques minutes aprés dans la tour.

La météo prise, les feuilles en main, nous avons payé la taxe d'atterrissage (pas donnée), et nous avons embarqué dans l'avion et avons décidé un départ rapide car l'orage venant de l'Est était en train de tomber sur Chalon.


Le roulage obtenu, nous avons remonté la 17, et nous sommes alignés...


Rotation, montée initiale, virage vers le Nord en vent arrière 17.


Cette fois-ci, on était parti, on rentrait chez nous, pour de bon.
Un traffic s'est annoncé à l'AFIS de Chalon en provenance de Persan, un collègue !
Nous lui avons demandé la météo sur le trajet, ce à quoi il a répondu que c'était nikel.

Nous avons donc galopé vers Paris, à la vitesse de 150kts.
Le collègue avait vu juste, le temps fut parfait jusqu'à Paris, mettant fin aux interrogations qu'avaient soulevés en nous les paras à Chalon.


En descente, nous avons atteint la GS mythique de 180kts, comme vous pouvez l'apercevoir sur cette photo.
Du bonheur à l'état pur.


Mais, alors que nous avions à peine passé CLM à 2500ft, et que nous cherchions du regard le terrain du Plessis, Arnaud s'est soudain aperçu que nous rentrons dans la zone limitée à 1500ft.
Immédiatement, il a engagé un virage à droite à 50° d'inclinaison, tout en prenant un vario de descente à 2000ft/min.
Pas prévenu, j'ai à peine eu le temps de m'accrocher à une poignée et de me tenir les oreilles [:D] !
Par cette action, nous n'avons pas pénétré dans la zone 1500ft.
Quelques secondes plus tard, et nous étions dedans, merci Arnaud.
Cela nous a fait réfléchir sur la notion de travail en équipe et du partage des tâches pendant le pilotage.

Puis, nous avons passé la ville de Meaux, et sommes rentrés au terrain.


Barez a pris les commandes pour l'atterrissage. Cependant, un autre avion était en courte finale, alors que nous étions en finale.
L'avion sur la piste, nous en courte...évidemment, une remise de gaz a eu lieu, Barez a adoré et je me suis accroché [:p].
Il a refait un tour, guidé par Arnaud toujours trés pro et calme.
Evidemment, un tour de piste à 100kts, c'est pas facile quand on est habitué à une vitesse de croisière égale en Hr-200, n'est-ce pas Barez ?!

En finale, personne dans le circuit, un peu à droite mais trés vite corrigé, Barez nous a fait un trés joli toucher, doux mais un peu long, mais doux quand même [:D].
Bravo à lui pour son 1er atterrissage en Cirrus !

Nous avons roulé à la pompe, avons mis quelques litres dans les réservoirs, puis Arnaud a ramené l'avion prés du hangar.

Ainsi, notre sacrée nav s'est terminée.
Elle restera longtemps dans nos mémoires je pense, car elle ne fut pas ennuyeuse.
De justesse nous sommes parvenus à faire tout ce que nous avions prévu en bourgogne, mais toujours dans le calme et la bonne humeur.
Nous savions pertinnement tous les trois, que s'énerver et se précipiter ne servait à rien, si ce n'est à aggraver encore plus les choses, et aller vers l'accident.
Ce fut également une manière de nouer un contact réel entre nous, contact qui fut trés sympatique.

Moralité de Christophe : A refaire trés vite avec un 4ième pilote passionné si possible !
Moralité d'Arnaud : A refaire, mais avec un avion pur et dur, une vraie nav à la carte, au cap et à la montre.
Moralité de Barez : A refaire, mais en Baron 58...[:o)]

En espérant que vous avez aimé ce récit.
A bientôt !

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