Un Pilote VFR - Christophe

mercredi, septembre 27, 2006

Confirmation de mon laché !

Nous sommes Dimanche 24 Septembre.
Le temps est à nouveau mitigé, mais volable. Au matin, quelques FEW à 600ft se balladent (ils se dissiperont l'aprés-midi), mais les BKN eux sont trés loin à 8000ft.
Il est prévu cependant une baisse du plafond à partir de 18h.

Je dois voler à 13h30, ça tombe bien.

David n'étant pas disponible, Eliane oui, je vais donc voler avec Eliane.
J'ai une petite appréhension qu'elle contredise ce que m'a montré David.

Arrivé au club, je prends la météo. A l'habitude, elle me dit : "J'ai déjà pris la météo, c'est pas la peine que tu la regardes."
Sauf que là, même si elle me dit, j'ai tout de même décidé de jeter un oeil à la météo, pour être sûr par moi-même.
Je regarde également les NOTAMS.

J'ouvre le carnet de vol à la dernière page, et je regarde si les papiers y sont (un coup d'oeil rapide, je suis pas si con ).
Puis je look l'essence et je fais une estimée de la quantité restante dans les réservoirs que j'annonce à Eliane qui hoche la tête.
Je prévois un passage à la pompe, elle approuve.

Lorsque je lui dis que j'ai volé avec David, elle s'exclame : "Mais c'est trés bien de changer d'instructeur de temps en temps, on apprend des choses."
Je souris, heureux de sa réaction.

Ouverture des portes du hangar.
Purge, et prévol du Cessna.

Je fais la prévol en incluant les nouveaux éléments que m'a montré David, et en sachant mieux ce que je regarde.
Je vérifie la solidité des haubants, Eliane regarde, et me demande si j'ai bien fait ma purge.
Je hoche la tête en plaisantant.

La prévol terminée, on sort l'avion et on met en route.
On roule à la pompe.

Dans ma tête, je calcule rapidement combien on peut mettre de L en restant dans la masse.
Je propose 55L à Eliane qui approuve.
Prise de terre, carte, pompe, escabeau.
Je prends un soin méticuleux à bien refermer les bouchons.

Nous roulons vers le point d'arrêt 22, une piste que je n'ai jamais emprunté. Je potasse une dernière fois ma carte VAC et Eliane m'indique des points de repères utiles.

Enfin le décollage avec les annonces de puissance disponible etc, que je fais et qui étonnent Eliane car d'habitude c'est le grand silence entre nous pendant la mise en puissance.

Petit virage à droite pour enrouler la colinne culminant à 483ft, bien dans l'axe de la 22.
Tout se passe bien.
Vol horizontal, ça sert à rien de laisser l'avion accélérer comme un fou dans un tour de piste, donc je réduis rapidement vers 2450trs/min (non je suis pas si con ).

Points de repères, la station essence et on vire en base. Le plan est chopé, on déroule les volets en finale.
70mph, on est bon.
Courte finale...trés courte...plein réduit.
Eliane ne peut pas s'empêcher de me donner des petits conseils pour l'arrondi, et de tenir le manche de 2 doigts. C'est ce qui fait son charme on va dire !
Sauf que tous ses conseils n'y seront pour rien...l'atterrissage que je vais faire restera dans les annales.
J'entends Eliane dire au fur et à mesure que l'arrondi se précise :
"Doucement l'arrondi...doucement...pas trop.......Plus Plus !! AAAA !"

BAM.



Les suspensions absorbent le choc plutôt rude...
L'avion remonte un instant le monde flotte. Surpris, je ne pense meme pas à remettre un filet de gaz (là je suis trés con ).
Et à nouveau on retouche le sol.

Je dégage piteux, et je regarde Eliane qui me dit : "Bon, là c'était vraiment pas terrible...on va en refaire un mieux hein !".

On repart pour un tour.
Cette fois je m'applique pour l'arrondi et ça marche ! Je décoche un "Super" de l'instructrice à droite.

Mais à peine le temps de se congratuler qu'il faut déjà rentrer la réchauffe et mettre plein gaz, puis rentrer les volets vers 10°.
Le touch & go est effectué avec succès.

On se représente, je me concentre à nouveau pour l'arrondi quand soudain j'entends Eliane qui me crie dans mon casque : "REMISE DE GAZ !"
Ca faisait longtemps que je l'avais pas eu celle là !

Vario positif, réchauffe rentrée, plein gaz tout ça en même temps, tout en rentrant non pas le train mais les volets tranquillement vers 10°.

On se représente, je m'applique et c'est plutôt pas mal.
Au sol, Eliane me dit : "Allez, tu me déposes sur le taxiway, et tu vas m'en faire 3 tout seul".
Je vais donc confirmer mon laché !

J'ai une petite appréhension de revoler seul. Je suis resté sur une mauvaise expérience en juin pour mon laché.
Je respire un grand coup et je chantonne pendant le roulage.
Il y a un HR200 dans le circuit, mais j'ai du évoluer car la présence d'un autre traffic ne me bloque pas comme en Juin. Au contraire, je suis plutôt heureux de ne pas être tout seul à tourner comme un malheureux.

Enfin la mise en puissance. J'ai du crier mes annonces au décollage pour me donner du courage.
Petit virage à droite pour enrouler la colinne, puis à gauche en montée vers 900ft.
Vol horizontal, 2400trs/min, pas la peine de se presser, on est bien là-haut.
En effet, c'est la 1ere pensée que j'ai une fois en l'air. Je me dis : "On est quand même bien..."
Quel progrés depuis Juin où j'étais littérallement tétanisé et crispé sur mon manche.

Je me présente en finale, le HR200 est en vent arrière, tout va bien, je m'applique pour l'arrondi.
J'ai l'expérience de juin où j'avais plané un moment car réduit trop tard et cela avait engagé une remise de gaz.
Cette fois je ne me fais plus avoir.
Je touche le sol dans un kiss qui me donne de l'espoir.

Je dégage et je repars heureux pour un 2ième tour.
Le 2ième tour se passe bien, l'arrondi est joli, pas assez franc peut-être, il faut encore que je réduise plus tôt.

Je repars pour un 3ième tour qui se passe tout aussi bien. Un hélico est venu visiter le terrain, et il repart vers Meaux, surement de l'instruction.
Mais voila que pour une raison que j'ignore, je tire trop brusquement sur le manche lors de l'arrondi de mon 3ième tour. L'avion remonte suffisamment haut pour me passer l'envie de le laisser retomber.
Alors, sans hésiter, sans me crisper, sans me tétaniser, j'engage une remise de gaz, plutôt heureux de repartir pour un nouveau tour.

Je m'applique pour ma dernière approche et tout se passe bien.
Je roule vers Eliane qui m'attend et je gare l'avion.

Ces 35min tout seul sont passées comme dans un rêve...c'était magnifique.
Quelle superbe expérience ! Il me tarde de recommencer à voler seul.
Merci Eliane !

Au sortir du club, Eliane m'étonne car elle me dit :
"Bon, faut qu'on fasse des prises de terrain, et des pannes au décollage."
Surpris, je dis "Oui trés bien" en me disant que tout est pour le mieux finalement et qu'il n'y a pas de quoi se faire des noeuds au cerveau.