Un Pilote VFR - Christophe

samedi, novembre 04, 2006

Baptème de l'air pour un papa ravi !

Et un autre récit pour aujourd'hui, celui du Vendredi 27 Octobre (encore en retard je sais...) !

La veille, j'avais appris que mon père avait le vendredi de libre. Ni une ni deux, aprés consultation de météo france pour le Vendredi matin (beau soleil prévu sur la france), j'ai eu l'idée sympathique de faire une nav en C172 avec Matthieu, et avec mon père !
Aprés un petit coup de fil à Matthieu pour obtenir son accord, j'ai mis mon père dans l'ambiance, lui expliquant diverses trucs que l'on peut ressentir ou faire une fois en l'air.
Il n'a jamais pris un avion léger, ce sera son 1er baptème, en place arrière !

Nous avons convenu avec Matthieu de faire 2h de vol, une grosse nav à 110kts, jusqu'à Auxerre !
Un bon entrainement pour moi, qui commence les navigations, même si j'avoue être un peu impressionné par "l'énormité" de la nav (tout est relatif à mon niveau).

Je me rends sur l'Open Flyers du club pour réserver le C172 à 10h du matin. Et là, quelle ne fut pas ma surprise de voir l'avion occupé pendant 2h par Eliane, mon ancienne instructrice.
Décidément...voila que je tombe sur elle.

Je l'appelle, pour lui demander gentimment si elle ne veut pas déplacer son vol solo en début d'aprés-midi. Le truc étant que j'ai des cours à la fac en fin d'aprés-midi, et que j'aurais aimé pouvoir faire la nav tranquille le matin, bref, je ne vais pas vous raconter ma vie qui ne vous interesse pas.
Je tombe sur une Eliane pas sympa du tout dès le 1er abord, qui me répond séchement qu'elle ne peut pas déplacer son vol, et qu'elle n'a aucune justification à donner à cela.
Un peu surpris, ne la connaissant pas comme ça, je la rassure et lui dis qu'il n'y a pas de mal, que je volerai l'aprés-midi.
Elle me demande ce que c'est que cette histoire de navigation en C172 avec Matthieu. Je lui explique le pourquoi du comment, que je commence les nav, et que je veux faire découvrir l'aviation à mon père etc.
Suit un sermon auquel j'étais loin de m'attendre de sa part : comme quoi elle reste la responsable de ma formation jusqu'à nouvel ordre, qu'elle exige que je l'informe à chaque fois que je réserve l'avion car s'il m'arrive un pépin c'est son nom sur la DGAC...bref, je vais couper là l'affaire.
Puis, elle terminera par une mise en garde dans le fait de changer d'instructeur, que ça va me retomber dessus, et que Matthieu ne me connait même pas (elle ne s'imagine pas qu'on a déjà 7h de vol ensemble).

Une fois raccroché, je suis un peu retourné...

(Aprés avoir parlé de cela à Matthieu le lendemain, il sera assez étonné par le terme "Responsable de Formation", qu'il n'avait jamais entendu jusqu'à présent. Pour lui, un élève étant libre de changer d'instructeur, sans pour autant qu'en cas de pépin, le nom de l'ancien instructeur soit cité dans la DGAC... Parlant de cette affaire à un ami à lui présent au club au même moment, celui-ci fut fort étonné du terme employé par Eliane, ne voyant pas où était le problème dans ma conduite.)

Le lendemain matin au réveil j'ouvre les volets et je me trouve sous un plafond de BKN001, du FG et de la BR...

Je look les metar et taf, il est prévu une amélioration seulement à 13hZulu, soit 15h ! Notre nav est programmée à 14h...ca va tomber à l'eau je le sens.
A 13h Matthieu m'appelle et me dit que le Metar du bourget indique toujours BKN006 et visi à 3km, on annule la nav.

Mais voila qu'à 15h, comme les taf l'avaient indiqués le plafond se lève brusquement, laissant entrevoir des coins de ciel bleu par ci par là. Je rappelle Matthieu et je lui demande si on peut au moins faire un peu de mania sur Chelles avec le 172.
Il me dit : ok, rendez vous au club dans 30min, on profite de l'acalmie.

Je speed mon père qui n'en revient pas, persuadé que le vol était annulé.

Nous arrivons à Chelles. Je découvre le C172 pour la 1ere fois de ma vie de pilote. Il n'a évidemment pas volé ce matin avec Eliane.
Matthieu n'est toujours pas là, il m'appelle pour me dire qu'il est coincé dans les bouchons à CDG.

En l'attendant, je purge l'avion, je fais connaissance avec le cockpit, je fais la prévol en suivant à la lettre la check-list.
Les volets m'étonnent, en effet, ils sont manuels...c'est un frein à main (ça promet des séances de muscu en vol)

Matthieu arrive, j'en profite pour lui poser un tas de questions que j'avais stockées dans un coin de ma tête en découvrant l'avion.
C'est une belle machine que ce C172, je suis tout heureux de voir un indicateur de température carbu, un thermomètre de température extèrieure, et plein d'autres petites aides sympathiques...et surtout des petites pochettes pour ranger cartes et check, sans oublier un cerclage en metal qui tient le petit crayon à papier ! Super !

Une fois installé dans l'avion, j'ai l'impression d'être aux commandes d'une limousine, mon père est derrière, avec son casque mais il ne peut pas emettre (le casque a un petit problème ).
Je suis la Check à la lettre, découvrant en même temps l'alternateur qu'il faut activer une fois le moteur mis en route (sur mon C150 il est couplé au bouton de la Bat).
La manette des gaz est particulièrement sensible et précise...j'adore, je m'amuse comme un petit fou pour le roulage qui se passe comme une fleur.
On sent nettemment moins les aspérités du terrain sur cet avion que sur mon 150. Je vous dis, je suis dans une limousine

Nous avons prévu des TdP, peut être un encadrement, mais c'est pas sûr vu la météo...

Les essais moteurs effectués, on vérifie que le papa est bien attaché et paré, on s'aligne sur la 22.
J'annonce fièrement à Matthieu : "Bon, on fait un briefing décollage ?
-Heu...si tu veux..."
Je me lance dans un long et fastidieux briefing que Matthieu n'écoute que d'une oreille. Je fais un peu ça pour impressionner mon père, oui je sais, c'est trés gamin
Matthieu finit par me dire ce dont j'aurais du me rendre compte immédiatemment :
"Le briefing départ se fait au point d'arrêt, pas sur la piste."
Et il me décoche un sourire moqueur qui achève de casser mon bel effet de frime.

Sans hésiter, je pousse la manette des gaz à pleine puissance.
Ca pousse plus que mon petit C150.
Les 65mph de rotation sont vite atteints, à peine je tire sur le manche que l'avion se soulève, nous voila en l'air, je dois adopter un sacré vario pour tenir les 75mph de montée initiale.
500ft, je rentre le frein à main des volets
Du coup, je lâche l'attention sur mon vario et l'avion nous fait une belle abattée que Matthieu ne manque pas de me signaler (surtout pour mon père derrière, il faut le ménager, c'est son 1er baptème !).
90mph pour la montée, nous sommes rapidement à 900ft...

En palier, je réduis le régime à 2100trs (2400trs sur mon C150 !). Il a du punch ce C172...il a vite fait d'accélérer.
Le manche est incroyablement sensible, doux, c'est un plaisir de le piloter.

Le tour de piste se passe bien, le papa est checké et paré pour l'atterrissage (comme la cabine du 320 ? ).
En dernier virage, on voit quasiment pas la piste car il y a trouée de ciel bleu pile sur le terrain et les rayons du soleil qui s'y engouffrent font ressortir une espèce de brume lumineuse...bref pas top.
Mais je connais par coeur le truc, de plus on est tout seul dans le circuit.
Je me retrouve aligné comme sur un ILS malgré que je ne vois pas vraiment où est ma piste, et pourtant, lorsqu'elle apparait, je suis bien dessus...vive l'habitude.

Arrondi...arf les repères n'ont rien à voir, ça va foirer je sens...sachant que l'avion étant plus haut que mon C150, j'ai arrondi plus haut, trop haut.
Ca plane...ça plane pour nous
On avale 200m et on touche enfin la piste tandis que j'annonce : "Bon...ça sera un complet "

Promis la prochaine fois j'arrondis moins haut et j'arrive moins vite...

En finale à nouveau dans le doute concernant mon alignement (qui finalement s'avère bon) je me prépare à ne pas louper mon arrondi.
La piste arrive...je réduits tout un peu avant la marque blanche en début de piste...voila si je fais comme ça, mon arrondi devrait être bon...je le sens bien....

BOOOM

J'ai pas arrondi...cette fois c'était trop bas...
Les suspensions absorbent, on est toujours vivants, on rebondit...on plane...

BOOM

Nouveau rebond....

Boum

Ca y est on est cloué au sol...Matthieu me rentre les volets, je pousse la réchauffe et envoie pleins gaz...



Purée, quel atterrissage à la noix. Je regarde mon père, il est toujours aussi souriant, et ne se lasse pas de regarder le paysage. Apparemment ça lui plait, malgré mes conneries.
Matthieu me dit qu'on va faire une remise de gaz pour le prochain.

Nous revoila en finale...courte finale...400ft...300ft...250ft...je me dis que Matthieu a peut être oublié qu'on allait faire une remise de gaz et je me prépare à ne pas louper mon arrondi, quand soudain j'entends sa voix dans le casque : REMISE DE GAZ !
Vario, gaz...et là je me met bêtement à chercher ma réchauffe carbu dans la précipitation des actions. Pas l'habitude de cet avion !!!!
Finalement, je la retrouve, et je la rentre...et j'entends Matthieu qui me dit : "Un peu tard celle-là". J'ai envie de lui dire : "Oui mais l'avion, c'est pas le même !!" mais je m'abstiens, il le sait mieux que moi de toute façon.
Je rentre les volets progressivemment et on accélère vers la vitesse de montée.

Comme le temps se dégrade à nouveau, que mine de rien ça fait déjà 30min qu'on tourne en rond au dessus du terrain, on va en faire un dernier, un atterrissage court avec volets 40° !

En finale (voyant enfin la piste pour l'alignement) je sors les volets 30°...puis 40°...arf c'est dur !! Faut des bras...
Oui mais voila que le frein à main revient inéluctablement sur 30°. Il veut pas tenir les 40°... Matthieu voyant que je me bats avec les volets et que pendant ce temps l'avion ne chope pas son plan de descente prend les choses en main et tente de sortir les volets 40° par lui-même.
Mais pour lui aussi, ses efforts sont vains...la position 40° déconne.
Bon, tant pis...on fera quand même un touché court.
Il me dit qu'un atterrissage court n'est pas un atterrissage confortable, donc qu'on ne cherche pas l'arrondi à tout prix...mais surement pour éviter les BOOM répétitifs de tout à l'heure, il me précise qu'il faut tout de même arrondir un minimum.

Il me commande de tout réduire plus tôt que je ne le fais habituellement. On vient de passer la marque blanche...j'ai visé le grillage, je me trouve vachement bas, mais finalement ça passe. C'est le moment de l'arrondi, j'arrondi pas trop, juste ce qu'il faut...

PAAF

(C'est pas BOOM, c'est un peu moins fort )

Rebond...PAF...léger rebond...et on est au sol pour de bon.
On a atterrit court, y a pas à dire, mais c'est sur que c'était pas trés confortable.

Pauvre papa

On roule au parking, on coupe tout. Qu'en penses le papa ? Que c'était génial...
Finalement, ça lui a plût ! Alors, j'ai réussi mon pari, en voila un de plus qui est contaminé par le virus de l'aviation !

On remettra ça. Mais avant, il me tarde de retrouver mes petits repères sur mon petit C150, ma petite vitesse, mon petit vario, ma petite cabine, mes petits sièges, mes petits acariens dans la petite moquette, mes petits....petits.................

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